DEJA IL fallut monter la tente – exploit antique – il y avait du vent – trop de vent – après l’avoir montée nous avons bu – trop bu – du vin amené par Claire & du rhum amené par Antoine & de la vodka à quarante degré au citron de surcroît & d’autres boissons encore – tout cela est flou dans mon esprit malade – il faisait je crois moche & gris & plein de vent & froid bref il faisait moche – avant cela et pour préserver l’exactitude française de l’aventure il me faut signaler qu’il régnait un temps splendide au moment où nous nous apprêtions à rallier La Panne en tram en partant d’Ostende – trajet qui prit des plombes soit-dit en passant – d’abord nous étions debout puis après maintes conjectures étranges nous avons pu nous asseoir – une fois arrivés sur place on se mit à la recherche de provisions en prévision du soir avec entre autres choses deux cartons de jus bon marché – ces saloperies-là c’est fragile ! on le saura bien assez tôt – après cela je crois que l’on a été se prendre un sandwich dégueulasse au salami – ensuite direction la plage – il est intéressant de noter que le sac d’Antoine contenait deux bouteilles trop lourdes & les deux cartons de jus bon marché & un i-pod trop cher (foutrement biens ces saloperies tout de même !) – le sac de Claire contenait une bouteille de vodka plus une autre car ces trucs étaient vendues par deux & des gobelets en plastique blanc – avec le vent le sable s’insinuait insidieusement dans les gobelets en plastique blanc ce qui fait que l’on a vite bu – la vodka – au bout d’un temps on se rendit compte que l’on n’avait pas de musique avec nous et que les baffles étaient restées au camping – trop loin – nous étions alors assis derrière une cabine de plage qui nous protégeait du vent – à un moment j’ai dû gueuler comme un con à cause d’un chien qui m’y avait forcé – finalement je suis parti chercher les baffles tout en tombant sur ce chemin décidément trop long – oh putain ! oh putain ! oh put… - après mon aller-retour héroïque nous avons pu continuer à boire avec de la musique punk-rock – rhum & jus d’orange & conneries – au moment de rentrer j’ai dû aller pisser cinq fois au moins – Antoine m’a demandé de lui filer son sac et alors que je voulais lui donner il se trouvait juste derrière moi et a pris le sac avec les deux bouteilles trop lourdes & les deux cartons de jus bon marché & un i-pod trop cher en pleine tête ce qui eu comme conséquence de lui exploser la lèvre inférieure – « Ah ! » - je crois qu’il ne s’en est pas rendu compte - dans la journée on s’était dit qu’une fois bourrés il serait judicieux d’éviter les barbelés qui longeait le chemin allant de la plage au camping – évidemment nous étions bourrés et après être tombés au moins cent fois il fallut par malheur longer les barbelés – je m’étais éloigné de ces horreurs avec Claire qui se marrait quand je tombais – oh putain quand je suis bourré je dis oh putain – soudain Antoine a hurlé – « Ah je me suis déchiré l’aisselle ! » - à crever de rire – « Arrêtez c’est pas drôle ! » - on rentre dans la tente – la bouteille d’eau décide de se renverser et de se répandre sur le matelas – j’étais je crois trop torché que pour m’en rendre compte ou m’en foutre – j’avais la tête dans la flotte et les cheveux trempés – on s’est endormis à trois dans la tente plus ou moins habillés – Claire portait un T-shirt et un string et bordel de merde je me souviens de rien je m’en foutais parce que j’étais bourré – au bout d’un temps Antoine et moi fûmes pris par une sérieuse envie de vomir et sommes sortis sous la pluie en caleçons – dans notre délire et dans l’optique de ne pas réveiller deux filles qui dormaient près de là Antoine et moi avons sauté en contrebas pour vomir tout en crevant de froid – alors que l’on rentrait à la tente Claire achevait de vomir dans le auvent près des bagages vomissure qu’elle enterrerait dans le sable par la suite – ensuite nous avons dormi.
Au réveil je me dis – « Incroyable je vais bien » - à ce moment précis me foudroient un mal de tête comme jamais & une irrépressible envie de vomir – j’avais tellement mal que j’étais incapable du moindre mouvement – Antoine s’éveille en marmonnant – « Oh-ah-ma tête ! oh ma lèvre ! oh merde mon aisselle ! – oh non les barbelés ! oh non ! oh non ! » - Claire se réveille en forme malgré la cuite – tout en ne me rappelant pas l’incident du sac je demande à Antoine ce qu’il s’est fait à la figure – une demi-heure passe il doit être vers les huit heures – froid et gris – déprimé à cause de ma copine – « Bornéo Bornéo ! Burnéo oui ! » - je me lève péniblement pour gerber de la bile avant de prendre un dafalgan effervescent dans un gobelet en plastique blanc – Antoine se lève – Claire est habillée – Antoine avait le flanc ouvert & était malade & avait de la fièvre – à un moment alors qu’il prenait son sac en main il remarqua avec horreur qu’un carton de jus bon marché s’était ouvert – l’i-pod aurait dorénavant un affiche plus qu’alternatif – s’en suivi la plus grande succession d’injures que moi Aaron Wasserman j’avais jamais entendue – quelques mois plus tard l’i-pod en question connaîtrait une fin tragique lorsque Antoine le jetterait à terre de rage après qu’un flic l’ait arrêté alors qu’il était bourré – tandis que je vomis quatre fois encore Antoine projette de partir pour Ostende où sa famille possède un appartement – le temps passe et je ne veux plus de dafalgan – je suis devant l’impossibilité de dormir à cause de la douleur & du soleil dans les yeux & la chaleur régnant à l’intérieur de la tente – Yuri téléphone deux fois pour connaître le nom de l’arrêt de tram où il doit descendre pour venir nous rejoindre – Yuri : « C’est quel arrêt ? » Moi : « Golfstraat » Yuri : « Comment ? » Moi : « Golfstraat ! » Yuri : « Comment ? » Moi : « Golfstraat ! » Yuri : « Comment ? » Moi : « Golfstraat ! » Yuri : « Comment ? » Moi : « Golfstraat ! » Yuri : « O.K. Golfsraat j’ai pigé » - Claire et moi partons le chercher à l’arrêt de tram – une fois Yuri parmi nous nous avons été chercher de l’eau pour tenter de stopper mon « mal partout » - j’étais plutôt content de le voir tandis que nous rentrions au camping – couché dans le sable avec Antoine je me sentais toujours aussi mal malgré la présence de Yuri assis à côté de Claire qui fumait tranquillement une cigarette – ensuite je resterai couché plusieurs heures l’esprit complètement brumeux et déprimé avec cette putain de douleur n’arrangeant rien et cette envie de dormir que je n’arrive pas à concrétiser tandis que Claire et Yuri partirent se promener. A leur retour ils me montrèrent la figurine de Salamèche qu’ils avaient gagnée durant leur ballade ce qui me fit remarquer que Yuri et moi étions également une sorte de salamèche – on se mit à taper mollement dans la balle de foot avec Claire après que j’aie réussi à me lever péniblement & à avaler un anti-douleur en ce début d’après-midi après cinq longues heures de lentes souffrances affreuses sur le sable humide car il était humide mon Dieu ce que cette saloperie pouvait être insupportable – après je ne sais plus – oh en fait je me suis assis – Claire part chercher un type qui devait passer la soirée avec nous – ne les voyant pas arriver on part à leur recherche Yuri et moi et nous les trouvons sur le chemin bien évidemment – rentré à la tente je pense à ma copine à Bornéo - Burnéo ! – je veux rentrer à Bruxelles et émets ce souhait à Yuri – on part tous se promener – Yuri et Claire partagent une pomme d’amour nimbée de sucre dont la seule vue me donne mal au ventre à nouveau – pendant tout ce temps j’étais conscient de sentir la bête morte car je n’avais pas de brosse à dents & que jamais je n’ai trouvé les douches – après être repassés prendre nos affaires au camping Yuri et moi nous sommes partis prendre le tram tout en ne sachant pas de quel côté de la route nous étions censés nous trouver pour remonter vers la gare de La Panne – handicapé par un sac énorme et une envie de vomir je m’affalai sur la banquette du tram au côté de Yuri – arrivés à la gare je refusai d’avancer vers le quai car c’en était trop j’avais trop mal j’étais trop fatigué – Yuri finit par prendre le sac et on s’est installé dans le train où par miracle je me sens mieux – c’est alors que j’avalai trois biscuits secs offerts gentiment par Yuri et qui constituaient le seul repas de ma journée – tandis que le train démarrait enfin nous étions tous deux déprimés à cause des femmes de nos vies malheureusement absentes – alors Yuri voulu absolument téléphoner à Judith avec qui il avait rompu quelques jours plus tôt – « Je vais le faire… non… si… non… si… non… si… non… si… oh merde si ! » - et ceci durant tout un temps où il consultait compulsivement le répertoire de son portable pour enfin se décider à appeler – bien sûr Judith ne décrochait pas – « Ah merde ! » - c’est alors que mon ami laissa ce message complètement improvisé d’une envolée lyrique qui le caractérise : « Tu me manques je pense à toi je voudrais te revoir » - ce message était touchant et bien – malheureusement il a tenu à rappeler pour qu’elle décroche – comme elle ne répondait toujours pas il a laissé un second message d’une voix plaintive – « S’il te plaît rappelle moi » - le message était brouillon dans son propos et sa forme mais le troisième message fut lamentable et pourtant tellement drôle car ce dingue de Yuri lui répète de façon encombrée ce qu’il lui a déjà dit en terminant par cette phrase surréaliste : « … ça m’embêterait vraiment de ne plus te voir car j’aime beaucoup ta sœur … et toi aussi bien sûr ! » - évidemment cela me fait exploser de rire ce qui a fait marrer Yuri et lui a fait dire : « Je rigole mais c’est pas drôle du tout ! » - laborieusement le message se termine et après avoir raccroché Yuri lâche un « oh merde » à la fois amusé et désolé peut-être par auto-dérision j’en sais trop rien – un message en flamand annonce que le train sera scindé à Gand où Yuri veut descendre acheter à boire et noyer sa déception – je lui dis que le train va repartir et il reste assis – un Pakistanais nous demande en anglais si le train va à Bruxelles et comme on croit que oui on lui répond que oui en anglais avec l’accent et tout – une fois à Bruxelles-Centrale Yuri m’accompagne jusqu’au métro avant de reprendre un train vers ailleurs – chacun repart dans sa direction – je rentre chez moi je bouffe et je m’écroule dans mon lit après m’être lavé – affreusement malade durant trois jours je me promets à moi-même de ne plus jamais boire – promesse d’ivrogne.
06 janv. 06
Par Jérémie Tholomé
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Elle refuse son âge
A grand renfort de crèmes
Et de soins visages
Vertigineux
Le nombre de produits
Hydratants
Exfoliants
Odorants
Extravagants
Entassés devant son miroir
A tel point qu’on
Ne voit plus le miroir
Ses mecs tirent leur coup
Et puis s’en vont
Et elle me dit que ça lui va
Que lorsqu’elle aura assez d’argent
Elle se fera refaire le nez
Elle ne voit en outre
Que ses rides
Jamais ce qui est beau
Ses yeux par exemple
Ca elle ne le voit pas
Selon elle la preuve
Futile
De la non-existence de Dieu
Se trouve sur l’absence de gloss
Sur les lèvres
Humaines
Pas celles au collagène
J’ai peur d’un monde
Où l’on croiserait sans cesse
La fille de nos rêves
En allant chercher le pain
On dirait bonjour
A Cocaïne Kate
A tous les coins de rue
On finirait par ne plus rêver
Bien sûr ce n’est pas la faute
D’Aurore si elle
Est superficielle
Issue qu’elle est de
La première générations
D’Humains Artificiels
Bientôt elle se découpera au scalpel
Elle que je trouve pourtant si belle
Femme atrophiée
Sorte de trophée
Que l’on baise dans un grenier
Car il y a déjà quelqu’un
Sur la cheminée
Quelqu’un qui n’a
Dans sa salle de bain
Qu’une simple brosse à dent
Aurore je te plains autant
Que je te comprends
J’espère que tu trouveras la paix
Ah j’oubliais tu
Ne fais pas tes trente-trois ans
Par Jérémie Tholomé
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Les enfants jouent
Sous la pluie
Des bombes
Ils rient
A la gueule des oiseaux
Rouges
Aux ailes arrachées
Amputés d’avoir trop pleuré
Cette vie injuste
Où les gentils ne gagnent
Jamais
Sans heurts
Les enfants jouent
Sur le sable
Gît le cadavre
La liberté de choix
Assassinée
Par celui qui pourtant
Les délivre
Ces enfants
De leurs chaînes protectrices
Mais qui en étancha sa soif d’or
Noir
Les enfants jouent
Au rythme des mitrailleuses
Semi-fantômatiques
Pas d’argent pour une pomme
Pas de pomme de toute façon
Mais des balles
On en trouve toujours
Je crois qu’on les prélève
Des cadavres
Don d’organes
Absence d’orgasme
Foulards trop long à enlever
On débande
Les enfants jouent
Chien errants Dans un pays qui ne sera
Jamais à eux
Je crois qu’ils savent
Les petits poings vont se serrer
La rage s’insinuera
Dans leurs veines
Jusqu’à l’explosion
Parce qu’ici
En Eden
Plus de pommes
Mais des balles et
Des explosifs
Mais laissons encore
Les enfants jouer
Ils l’ont mérité
Par Jérémie Tholomé
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Allongé
Dans l’herbe
Avec Madeleine
Petite brindille
Au coin
De l’œil droit
Madeleine et ses
Putain je suis trop conne
Et aussi les
Regarde cette pétasse
Allongé je suis
Dans l’herbe avec
Madeleine et ses
Putain je suis trop conne
Et aussi ses
Regarde cette pétasse
Madeleine se trouve
Conne
Et moi j’ai
Jamais très bien compris
Pourquoi
Mais ça n’a rien à voir avec
L’Histoire
Rien à voir avec
Le fait d’être allongé dans l’herbe
Avec Madeleine et ses
Putain je suis trop conne
Et aussi ses
Regarde cette pétasse
Rien à voir mais alors là
Rien à voir du tout avec
L’herbe sur laquelle je suis allongé
Avec Madeleine et ses
Putain je suis trop conne
Et aussi ses
Regarde cette pétasse
Sauf si
Sauf si
Sauf si dans l’herbe allongée
Près de moi Madeleine
Arbitrairement
Décide que de un
Putain je suis trop conne
Et de deux
Ça changera jamais
A partir de là
Je crois bien que
A partir de là
Tout
Mais alors là
Tout
Est possible
Par Jérémie Tholomé
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Dans ma rue
Il y a des jeunes
Il y a des vieux
Qui gueulent après les jeunes
Parce que les jeunes ils
Supportent pas de voir les vieux
Parce que les jeunes ils
He bien bien les jeunes ils
Sont jeunes
Et dans ma rue
Les jeunes ils
Se foutent de la gueule des vieux
Qui
Sont vieux
Et
Gueulent après les jeunes
Qui
Sont jeunes
Et
Se foutent de la gueule des vieux
Qui
Etaient déjà dans la rue
Bien avant les jeunes & moi
Ils descendaient déjà la rue
Les vieux
Bien avant que les jeunes & moi
On ne vienne habiter la rue
Et qu’on décide
Les jeunes & moi
De par exemple
Se foutre de la gueule des vieux
Qui
Gueulent après les jeunes
Ou alors
Descendre la rue
Comme le faisaient les vieux
Bien avant que les jeunes & moi
On ne vienne habiter la rue
Où
Les jeunes ils
Se foutent de la gueule des vieux
Qui
Sont vieux
Et
Qui
Gueulent après les jeunes
Qui
Sont jeunes
Au fond je crois bien que
Ma rue
Est une rue banale
Par Jérémie Tholomé
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A la gare
On a remarqué un matin
Madame Yvonne
Et son chien
Et son panier à commission
Plantée sur le quai numéro un
Fixant de son regard vieilli par les ans
Un mec assit de l’autre côté des voies
Sur le quai numéro deux
Qui semblait attendre quelque chose
Ou quelqu’un mais pas le train
Madame Yvonne
Qui dans sa vie en avait vu passer des trains
Même qu’elle en avait pris pas mal
Entre autre avec
Son chien
Et son panier à commission
Madame Yvonne avait de l’expérience en la matière
Et elle était formelle
Sur sa vie ce mec quai numéro deux
N’attendait pas le train
Ca se voyait disait-elle
Aux sillons sur son front
Aux callosités au bout de ses doigts
Ainsi qu’à son allure que Madame Yvonne
Qualifiait de bizarre intermédiaire
Et c’est vrai que les trains avaient beau passer
Et marquer l’arrêt quai numéro deux
Jamais non jamais le mec qui attendait
Ne montait dans l’un d’eux
Dans le village
Cette histoire intriguait les gens
Qui sonnaient chez d’autres gens
Qui n’étaient pas encore au courant
Que
Madame Yvonne
Et son cabot
Et son cabas rapiécé par les ans
Se trouvait à la gare quai numéro un
Epiant les faits et gestes d’un mec
Posté quai numéro deux semblant attendre
Quelque chose ou quelqu’un
Mais qui ne prenait aucun train
Même que les gens une fois que tout le village
Fut au courant s’empressèrent d’aller à la gare
Quai numéro un auprès de Madame Yvonne
Pour observer le mec qui attendait
Les heures passèrent et
L’excitation parmi les villageois allait grandissant
Jusqu’au moment où le mec qui attendait sortit de sa poche
Un papier et un stylo
Et dans un ricanement se mit à écrire
Il prit le train suivant
Et dans le village on ne le revit jamais
Mais nombreux sont les gens qui chaque matin
Se rendent à la gare
Dans l’espoir d’y trouver le mec qui attendait
Par Jérémie Tholomé
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Laura 84-59-82 s’allume une cigarette
Devant le miroir
Où elle se mire
Comme ivre de son pouvoir
Conféré par les yeux des hommes
Laura 84-59-82 pense à sa prochaine sortie
Pour elle
Paris est trop petit
Et elle n’a plus rien à se mettre
Laura 84-59-82
Trouve que la vie
N’est que souffrance
Que la coke est infecte
Cette année encore
Laura 84-59-82 n’est pas
Lesbienne mais le voudrait bien
Tant les garçons l’insupportent
Avec leur sueur pendant l’amour
Thank’s Gode
Ils ne sont plus
Indispensables
Laura 84-59-82 écrase
Sa cigarette
Et va dans sa chambre
Se coucher sur le lit
Aux draps de satin
Cadeau d’un homme épris
Un de plus
Qui n’a rien compris
Laura 84-59-82
Ferme les yeux mais
Là où nous visualisons nos rêves
Laura 84-59-82
Ne perçoit
Qu’une épaisse couche de noir
Par Jérémie Tholomé
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L’un des plus beaux quartiers
De ce qui est assurément
La plus belle ville du monde
Montmartre
Perdu au milieu de touristes allemands
Et j’étouffe
Dans l’air souffreteux
Je divague
Et je pense encore à toi
Douce muse
Assis sur un banc
De la butte du Cœur
Je ne parviens pas à attraper
La vague parisienne
C’est con à écrire
Mais sans toi
Il me faut plus que Paris
Pour me décrocher
Un simple sourire
A mes pieds
Tandis que je déprime
N’ayant entre autres maux
Plus dix-sept euros à claquer
Dans un whisky-coca
Dans une boîte du XVIe
Se couche un chat parisien
D’un noir de jais
Tous les touristes allemands
Ayant voulu le toucher
Il est venu vers moi
Moi je n’essayerai pas de le caresser
Il doit le sentir le chat parisien
Vivre et laisser pleurer
Montmartre
Tu me faisais rêver
Avant
Je saigne la vie
Hémorragie sentimentale
Fracture du cœur
Et le chat dodelinant de la tête
Au grand bonheur d’une petite allemande
Les chats savent quand l’artiste se met à fatiguer
Ils plongent leurs yeux abyssins dans votre âme
La soulagent
Il y aurait chose pire
Que d’aimer
Sa muse
Ne pas l’aimer peut-être
Le chat noir parisien
S’étire
Avant de s’en aller
Chasser les pigeons
Les ratant systématiquement
De peu
Par Jérémie Tholomé
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Ce n’est pas justice
Que de couper la main d’un homme
Qui vous aurait arraché un doigt
Le bipède se dote d’institutions
Aux acronymes populaires
Il s’organise en systèmes
De jour en jour plus complexes
Mais en revient toujours aux réflexes anachroniques
L’écume de sa gueule
Dégouline sur les dépouilles ensanglantées
De ceux qu’il vient d’occire
En se prosternant devant la grandeur du Ciel
Plus il se penche plus son dos se courbe
Et ses os craquent
Ca lui fait mal
Heureusement que la Vérité est ailleurs
Heureusement que notre Père veille sur nous
Heureusement qu’Il n’aime que nous
Ses enfants légitimes
Qui l’honorons comme Il le mérite
En accomplissant Sa volonté
Les vieux réflexes
Toujours les vieux réflexes
Narcotiques sont les religions
Les religions ne sont que de la dope gratuite
Mal coupée de surcroît
Le croyant n’est qu’un derviche-tourneur
Tourné sur soi et sa vanité propre
Je suis certainement égoïste
Mais nullement hypocrite
La foi collective est une calomnie
Chacun doit trouver son chemin
Il n’y a pas une déité
Mais six milliards
Bientôt moins
Beaucoup moins
Plus aucun
Il n’y a rien
Où sommes-nous ?
Par Jérémie Tholomé
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Oublie
Oublie les anges
De la miséricorde
Dans tes poches
Le froid revient
Te prendre dans tes rêves
Depuis un mois
Tu ne dors plus
Oublies les anges
Crois-tu encore
Qu’ils t’aimeront
Pas de seconde chance
Echec
Oracle chinois
Millénaire
A parlé
Sentence tombée
Et château d’If
Long couteau aiguisé
Je me souviens de Churchill
De son salon enfumé
Plus de peinture
Plus de poésie
Juste l’ennui
Le fond de ton lit
Me fait plus que jamais envie
Tout est perdu
Tout est dit
Les Romains laissaient
Toujours aux traîtres
Le moyen d’assurer l’avenir de leurs familles
On faisait couler un bain chaud
Où le sans-parole se prélassait
Au fond de la baignoire en étain
Etait un couteau rouillé
Et l’eau devenait rouge
Oublie les anges
De la désolation
Partout sous nos fenêtres
Dans le cœur de ma muse
Règne l’araignée
Avec laquelle s’amuse son singe
Celui qui lui gratte le dos
Oublie
Prends une cigarette
Du feu tant que t’en veux
Pose ton cristal noir
Sur la table de la cuisine
Je t’ai fait couler un bain
Par Jérémie Tholomé
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