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Ecrivain ch. j.f. jolie

Je souhaite à mes lecteurs une mort lente et douloureuse.
Je souhaite à mes lecteurs de se tenir éloignés des enfants.
Je souhaite à mes lecteurs que leurs femmes grossissent et à mes lectrices que leurs mecs les trompent.
Je souhaite à mes lecteurs des problèmes d'impuissance ou d'infertilité.

Je souhaite à mes lecteurs, une bonne lecture!

Lecteur, n'oublie pas de vivre ta vie plutôt que de la lire ou de l'écrire.

jthowords

Lundi 12 mars 2007

DEJA IL fallut monter la tente – exploit antique – il y avait du vent – trop de vent – après l’avoir montée nous avons bu – trop bu – du vin amené par Claire & du rhum amené par Antoine & de la vodka à quarante degré au citron de surcroît & d’autres boissons encore – tout cela est flou dans mon esprit malade – il faisait je crois moche & gris & plein de vent & froid bref il faisait moche – avant cela et pour préserver l’exactitude française de l’aventure il me faut signaler qu’il régnait un temps splendide au moment où nous nous apprêtions à rallier La Panne en tram en partant d’Ostende – trajet qui prit des plombes soit-dit en passant – d’abord nous étions debout puis après maintes conjectures étranges nous avons pu nous asseoir – une fois arrivés sur place on se mit à la recherche de provisions en prévision du soir avec entre autres choses deux cartons de jus bon marché – ces saloperies-là c’est fragile ! on le saura bien assez tôt – après cela je crois que l’on a été se prendre un sandwich dégueulasse au salami – ensuite direction la plage – il est intéressant de noter que le sac d’Antoine contenait deux bouteilles trop lourdes & les deux cartons de jus bon marché & un i-pod trop cher (foutrement biens ces saloperies tout de même !) – le sac de Claire contenait une bouteille de vodka plus une autre car ces trucs étaient vendues par deux & des gobelets en plastique blanc – avec le vent le sable s’insinuait insidieusement dans les gobelets en plastique blanc ce qui fait que l’on a vite bu – la vodka – au bout d’un temps on se rendit compte que l’on n’avait pas de musique avec nous et que les baffles étaient restées au camping – trop loin – nous étions alors assis derrière une cabine de plage qui nous protégeait du vent – à un moment j’ai dû gueuler comme un con à cause d’un chien qui m’y avait forcé – finalement je suis parti chercher les baffles tout en tombant sur ce chemin décidément trop long – oh putain ! oh putain ! oh put… - après mon aller-retour héroïque nous avons pu continuer à boire avec de la musique punk-rock – rhum & jus d’orange & conneries – au moment de rentrer j’ai dû aller pisser cinq fois au moins – Antoine m’a demandé de lui filer son sac et alors que je voulais lui donner il se trouvait juste derrière moi et a pris le sac avec les deux bouteilles trop lourdes & les deux cartons de jus bon marché & un i-pod trop cher en pleine tête ce qui eu comme conséquence de lui exploser la lèvre inférieure – « Ah ! » - je crois qu’il ne s’en est pas rendu compte - dans la journée on s’était dit qu’une fois bourrés il serait judicieux d’éviter les barbelés qui longeait le chemin allant de la plage au camping – évidemment nous étions bourrés et après être tombés au moins cent fois il fallut par malheur longer les barbelés – je m’étais éloigné de ces horreurs avec Claire qui se marrait quand je tombais – oh putain quand je suis bourré je dis oh putain – soudain Antoine a hurlé – « Ah je me suis déchiré l’aisselle ! » - à crever de rire – « Arrêtez c’est pas drôle ! » - on rentre dans la tente – la bouteille d’eau décide de se renverser et de se répandre sur le matelas – j’étais je crois trop torché que pour m’en rendre compte ou m’en foutre – j’avais la tête dans la flotte et les cheveux trempés – on s’est endormis à trois dans la tente plus ou moins habillés – Claire portait un T-shirt et un string et bordel de merde je me souviens de rien je m’en foutais parce que j’étais bourré – au bout d’un temps Antoine et moi fûmes pris par une sérieuse envie de vomir et sommes sortis sous la pluie en caleçons – dans notre délire et dans l’optique de ne pas réveiller deux filles qui dormaient près de là Antoine et moi avons sauté en contrebas pour vomir tout en crevant de froid – alors que l’on rentrait à la tente Claire achevait de vomir dans le auvent près des bagages vomissure qu’elle enterrerait dans le sable par la suite – ensuite nous avons dormi.

 

Au réveil je me dis – « Incroyable je vais bien » - à ce moment précis me foudroient un mal de tête comme jamais & une irrépressible envie de vomir – j’avais tellement mal que j’étais incapable du moindre mouvement – Antoine s’éveille en marmonnant – « Oh-ah-ma tête ! oh ma lèvre ! oh merde mon aisselle ! – oh non les barbelés ! oh non ! oh non ! » - Claire se réveille en forme malgré la cuite – tout en ne me rappelant pas l’incident du sac je demande à Antoine ce qu’il s’est fait à la figure – une demi-heure passe il doit être vers les huit heures – froid et gris – déprimé à cause de ma copine – « Bornéo Bornéo ! Burnéo  oui ! » - je me lève péniblement pour gerber de la bile avant de prendre un dafalgan effervescent dans un gobelet en plastique blanc – Antoine se lève – Claire est habillée – Antoine avait le flanc ouvert & était malade & avait de la fièvre – à un moment alors qu’il prenait son sac en main il remarqua avec horreur qu’un carton de jus bon marché s’était ouvert – l’i-pod aurait dorénavant un affiche plus qu’alternatif – s’en suivi la plus grande succession d’injures que moi Aaron Wasserman j’avais jamais entendue – quelques mois plus tard l’i-pod en question connaîtrait une fin tragique lorsque Antoine le jetterait à terre de rage après qu’un flic l’ait arrêté alors qu’il était bourré – tandis que je vomis quatre fois encore Antoine projette de partir pour Ostende où sa famille possède un appartement – le temps passe et je ne veux plus de dafalgan – je suis devant l’impossibilité de dormir à cause de la douleur & du soleil dans les yeux & la chaleur régnant à l’intérieur de la tente – Yuri téléphone deux fois pour connaître le nom de l’arrêt de tram où il doit descendre pour venir nous rejoindre – Yuri : « C’est quel arrêt ? » Moi : « Golfstraat » Yuri : « Comment ? » Moi : « Golfstraat ! » Yuri : « Comment ? » Moi : « Golfstraat ! » Yuri : « Comment ? » Moi : « Golfstraat ! » Yuri : « Comment ? » Moi : « Golfstraat ! » Yuri : « O.K. Golfsraat j’ai pigé » - Claire et moi partons le chercher à l’arrêt de tram – une fois Yuri parmi nous nous avons été chercher de l’eau pour tenter de stopper mon « mal partout » - j’étais plutôt content de le voir tandis que nous rentrions au camping – couché dans le sable avec Antoine je me sentais toujours aussi mal malgré la présence de Yuri assis à côté de Claire qui fumait tranquillement une cigarette – ensuite je resterai couché plusieurs heures l’esprit complètement brumeux et déprimé avec cette putain de douleur n’arrangeant rien et cette envie de dormir que je n’arrive pas à concrétiser tandis que Claire et Yuri partirent se promener. A leur retour ils me montrèrent la figurine de Salamèche qu’ils avaient gagnée durant leur ballade ce qui me fit remarquer que Yuri et moi étions également une sorte de salamèche – on se mit à taper mollement dans la balle de foot avec Claire après que j’aie réussi à me lever péniblement & à avaler un anti-douleur en ce début d’après-midi après cinq longues heures de lentes souffrances affreuses sur le sable humide car il était humide mon Dieu ce que cette saloperie pouvait être insupportable – après je ne sais plus – oh en fait je me suis assis – Claire part chercher un type qui devait passer la soirée avec nous – ne les voyant pas arriver on part à leur recherche Yuri et moi et nous les trouvons sur le chemin bien évidemment – rentré à la tente je pense à ma copine à Bornéo - Burnéo ! – je veux rentrer à Bruxelles et émets ce souhait à Yuri – on part tous se promener – Yuri et Claire partagent une pomme d’amour nimbée de sucre dont la seule vue me donne mal au ventre à nouveau – pendant tout ce temps j’étais conscient de sentir la bête morte car je n’avais pas de brosse à dents & que jamais je n’ai trouvé les douches – après être repassés prendre nos affaires au camping Yuri et moi nous sommes partis prendre le tram tout en ne sachant pas de quel côté de la route nous étions censés nous trouver pour remonter vers la gare de La Panne – handicapé par un sac énorme et une envie de vomir je m’affalai sur la banquette du tram au côté de Yuri – arrivés à la gare je refusai d’avancer vers le quai car c’en était trop j’avais trop mal j’étais trop fatigué – Yuri finit par prendre le sac et on s’est installé dans le train où par miracle je me sens mieux – c’est alors que j’avalai trois biscuits secs offerts gentiment par Yuri et qui constituaient le seul repas de ma journée – tandis que le train démarrait enfin nous étions tous deux déprimés à cause des femmes de nos vies malheureusement absentes – alors Yuri voulu absolument téléphoner à Judith avec qui il avait rompu quelques jours plus tôt – « Je vais le faire… non… si… non… si… non… si… non… si… oh merde si ! » - et ceci durant tout un temps où il consultait compulsivement le répertoire de son portable pour enfin se décider à appeler – bien sûr Judith ne décrochait pas – « Ah merde ! » - c’est alors que mon ami laissa ce message complètement improvisé d’une envolée lyrique qui le caractérise : « Tu me manques je pense à toi je voudrais te revoir » - ce message était touchant et bien – malheureusement il a tenu à rappeler pour qu’elle décroche – comme elle ne répondait toujours pas il a laissé un second message d’une voix plaintive – « S’il te plaît rappelle moi » - le message était brouillon dans son propos et sa forme mais le troisième message fut lamentable et pourtant tellement drôle car ce dingue de Yuri lui répète de façon encombrée ce qu’il lui a déjà dit en terminant par cette phrase surréaliste : « … ça m’embêterait vraiment de ne plus te voir car j’aime beaucoup ta sœur … et toi aussi bien sûr ! » - évidemment cela me fait exploser de rire ce qui a fait marrer Yuri et lui a fait dire : « Je rigole mais c’est pas drôle du tout ! » - laborieusement le message se termine et après avoir raccroché Yuri lâche un « oh merde » à la fois amusé et désolé peut-être par auto-dérision j’en sais trop rien – un message en flamand annonce que le train sera scindé à Gand où Yuri veut descendre acheter à boire et noyer sa déception – je lui dis que le train va repartir et il reste assis – un Pakistanais nous demande en anglais si le train va à Bruxelles et comme on croit que oui on lui répond que oui en anglais avec l’accent et tout – une fois à Bruxelles-Centrale Yuri m’accompagne jusqu’au métro avant de reprendre un train vers ailleurs – chacun repart dans sa direction – je rentre chez moi je bouffe et je m’écroule dans mon lit après m’être lavé – affreusement malade durant trois jours je me promets à moi-même de ne plus jamais boire – promesse d’ivrogne.

 

06 janv. 06

Par Jérémie Tholomé
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Lundi 12 mars 2007

Elle refuse son âge

A grand renfort de crèmes

Et de soins visages

Vertigineux

Le nombre de produits

Hydratants

Exfoliants

Odorants

Extravagants

Entassés devant son miroir

A tel point qu’on

Ne voit plus le miroir

Ses mecs tirent leur coup

Et puis s’en vont

Et elle me dit que ça lui va

Que lorsqu’elle aura assez d’argent

Elle se fera refaire le nez

Elle ne voit en outre

Que ses rides

Jamais ce qui est beau

Ses yeux par exemple

Ca elle ne le voit pas

Selon elle la preuve

Futile

De la non-existence de Dieu

Se trouve sur l’absence de gloss

Sur les lèvres

Humaines

Pas celles au collagène

J’ai peur d’un monde

Où l’on croiserait sans cesse

La fille de nos rêves

En allant chercher le pain

On dirait bonjour

A Cocaïne Kate

A tous les coins de rue

On finirait par ne plus rêver

Bien sûr ce n’est pas la faute

D’Aurore si elle

Est superficielle

Issue qu’elle est de

La première générations

D’Humains Artificiels

Bientôt elle se découpera au scalpel

Elle que je trouve pourtant si belle

Femme atrophiée

Sorte de trophée

Que l’on baise dans un grenier

Car il y a déjà quelqu’un

Sur la cheminée

Quelqu’un qui n’a

Dans sa salle de bain

Qu’une simple brosse à dent

Aurore je te plains autant

Que je te comprends

J’espère que tu trouveras la paix

Ah j’oubliais tu

Ne fais pas tes trente-trois ans

Par Jérémie Tholomé
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Lundi 12 mars 2007

Les enfants jouent

Sous la pluie

Des bombes

Ils rient

A la gueule des oiseaux

Rouges

Aux ailes arrachées

Amputés d’avoir trop pleuré

Cette vie injuste

Où les gentils ne gagnent

Jamais

Sans heurts

Les enfants jouent

Sur le sable

Gît le cadavre

La liberté de choix

Assassinée

Par celui qui pourtant

Les délivre

Ces enfants

De leurs chaînes protectrices

Mais qui en étancha sa soif d’or

Noir

Les enfants jouent

Au rythme des mitrailleuses

Semi-fantômatiques

Pas d’argent pour une pomme

Pas de pomme de toute façon

Mais des balles

On en trouve toujours

Je crois qu’on les prélève

Des cadavres

Don d’organes

Absence d’orgasme

Foulards trop long à enlever

On débande

Les enfants jouent

Chien errants Dans un pays qui ne sera

Jamais à eux

Je crois qu’ils savent

Les petits poings vont se serrer

La rage s’insinuera

Dans leurs veines

Jusqu’à l’explosion

Parce qu’ici

En Eden

Plus de pommes

Mais des balles et

Des explosifs

Mais laissons encore

Les enfants jouer

Ils l’ont mérité

Par Jérémie Tholomé
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Lundi 12 mars 2007

Allongé

Dans l’herbe

Avec Madeleine

Petite brindille

Au coin

De l’œil droit

Madeleine et ses

Putain je suis trop conne

Et aussi les

Regarde cette pétasse

Allongé je suis

Dans l’herbe avec

Madeleine et ses

Putain je suis trop conne

Et aussi ses

Regarde cette pétasse

Madeleine se trouve

Conne

Et moi j’ai

Jamais très bien compris

Pourquoi

Mais ça n’a rien à voir avec

L’Histoire

Rien à voir avec

Le fait d’être allongé dans l’herbe

Avec Madeleine et ses

Putain je suis trop conne

Et aussi ses

Regarde cette pétasse

Rien à voir mais alors là  

Rien à voir du tout avec

L’herbe sur laquelle je suis allongé

Avec Madeleine et ses

Putain je suis trop conne

Et aussi ses

Regarde cette pétasse

Sauf si

Sauf si

Sauf si dans l’herbe allongée

Près de moi Madeleine

Arbitrairement

Décide que de un

Putain je suis trop conne

Et de deux

Ça changera jamais

A partir de là

Je crois bien que

A partir de là

Tout

Mais alors là

Tout

Est possible

Par Jérémie Tholomé
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Lundi 12 mars 2007

Dans ma rue
Il y a des jeunes
Il y a des vieux
Qui gueulent après les jeunes
Parce que les jeunes ils
Supportent pas de voir les vieux
Parce que les jeunes ils
He bien bien les jeunes ils
Sont jeunes
Et dans ma rue
Les jeunes ils
Se foutent de la gueule des vieux
Qui
Sont vieux
Et
Gueulent après les jeunes
Qui
Sont jeunes
Et
Se foutent de la gueule des vieux
Qui
Etaient déjà dans la rue
Bien avant les jeunes & moi
Ils descendaient déjà la rue
Les vieux
Bien avant que les jeunes & moi
On ne vienne habiter la rue
Et qu’on décide
Les jeunes & moi
De par exemple
Se foutre de la gueule des vieux
Qui
Gueulent après les jeunes
Ou alors
Descendre la rue
Comme le faisaient les vieux
Bien avant que les jeunes & moi
On ne vienne habiter la rue

Les jeunes ils
Se foutent de la gueule des vieux
Qui
Sont vieux
Et
Qui
Gueulent après les jeunes
Qui
Sont jeunes
Au fond je crois bien que
Ma rue
Est une rue banale

Par Jérémie Tholomé
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Lundi 12 mars 2007

A la gare
On a remarqué un matin
Madame Yvonne
Et son chien
Et son panier à commission
Plantée sur le quai numéro un
Fixant de son regard vieilli par les ans
Un mec assit de l’autre côté des voies
Sur le quai numéro deux
Qui semblait attendre quelque chose
Ou quelqu’un mais pas le train
Madame Yvonne
Qui dans sa vie en avait vu passer des trains
Même qu’elle en avait pris pas mal
Entre autre avec
Son chien
Et son panier à commission
Madame Yvonne avait de l’expérience en la matière
Et elle était formelle
Sur sa vie ce mec quai numéro deux
N’attendait pas le train
Ca se voyait disait-elle
Aux sillons sur son front
Aux callosités au bout de ses doigts
Ainsi qu’à son allure que Madame Yvonne
Qualifiait de bizarre intermédiaire
Et c’est vrai que les trains avaient beau passer
Et marquer l’arrêt quai numéro deux
Jamais non jamais le mec qui attendait
Ne montait dans l’un d’eux
Dans le village
Cette histoire intriguait les gens
Qui sonnaient chez d’autres gens
Qui n’étaient pas encore au courant
Que
Madame Yvonne
Et son cabot
Et son cabas rapiécé par les ans
Se trouvait à la gare quai numéro un
Epiant les faits et gestes d’un mec
Posté quai numéro deux semblant attendre
Quelque chose ou quelqu’un
Mais qui ne prenait aucun train
Même que les gens une fois que tout le village
Fut au courant s’empressèrent d’aller à la gare
Quai numéro un auprès de Madame Yvonne
Pour observer le mec qui attendait
Les heures passèrent et
L’excitation parmi les villageois allait grandissant
Jusqu’au moment où le mec qui attendait sortit de sa poche
Un papier et un stylo
Et dans un ricanement se mit à écrire
Il prit le train suivant
Et dans le village on ne le revit jamais
Mais nombreux sont les gens qui chaque matin
Se rendent à la gare
Dans l’espoir d’y trouver le mec qui attendait

Par Jérémie Tholomé
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Lundi 12 mars 2007

Laura 84-59-82 s’allume une cigarette
Devant le miroir
Où elle se mire
Comme ivre de son pouvoir
Conféré par les yeux des hommes
Laura 84-59-82 pense à sa prochaine sortie
Pour elle
Paris est trop petit
Et elle n’a plus rien à se mettre
Laura 84-59-82
Trouve que la vie
N’est que souffrance
Que la coke est infecte
Cette année encore
Laura 84-59-82 n’est pas
Lesbienne mais le voudrait bien
Tant les garçons l’insupportent
Avec leur sueur pendant l’amour
Thank’s Gode
Ils ne sont plus
Indispensables
Laura 84-59-82 écrase
Sa cigarette
Et va dans sa chambre
Se coucher sur le lit
Aux draps de satin
Cadeau d’un homme épris
Un de plus
Qui n’a rien compris
Laura 84-59-82
Ferme les yeux mais
Là où nous visualisons nos rêves
Laura 84-59-82
Ne perçoit
Qu’une épaisse couche de noir

Par Jérémie Tholomé
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Lundi 12 mars 2007

L’un des plus beaux quartiers
De ce qui est assurément
La plus belle ville du monde
Montmartre
Perdu au milieu de touristes allemands
Et j’étouffe
Dans l’air souffreteux
Je divague
Et je pense encore à toi
Douce muse
Assis sur un banc
De la butte du Cœur
Je ne parviens pas à attraper
La vague parisienne
C’est con à écrire
Mais sans toi
Il me faut plus que Paris
Pour me décrocher
Un simple sourire
A mes pieds
Tandis que je déprime
N’ayant entre autres maux
Plus dix-sept euros à claquer
Dans un whisky-coca
Dans une boîte du XVIe
Se couche un chat parisien
D’un noir de jais
Tous les touristes allemands
Ayant voulu le toucher
Il est venu vers moi
Moi je n’essayerai pas de le caresser
Il doit le sentir le chat parisien
Vivre et laisser pleurer
Montmartre
Tu me faisais rêver
Avant
Je saigne la vie
Hémorragie sentimentale
Fracture du cœur
Et le chat dodelinant de la tête
Au grand bonheur d’une petite allemande
Les chats savent quand l’artiste se met à fatiguer
Ils plongent leurs yeux abyssins dans votre âme
La soulagent
Il y aurait chose pire
Que d’aimer
Sa muse
Ne pas l’aimer peut-être
Le chat noir parisien
S’étire
Avant de s’en aller
Chasser les pigeons
Les ratant systématiquement
De peu

Par Jérémie Tholomé
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Lundi 12 mars 2007

Ce n’est pas justice
Que de couper la main d’un homme
Qui vous aurait arraché un doigt
Le bipède se dote d’institutions
Aux acronymes populaires
Il s’organise en systèmes
De jour en jour plus complexes
Mais en revient toujours aux réflexes anachroniques
L’écume de sa gueule
Dégouline sur les dépouilles ensanglantées
De ceux qu’il vient d’occire
En se prosternant devant la grandeur du Ciel
Plus il se penche plus son dos se courbe
Et ses os craquent
Ca lui fait mal
Heureusement que la Vérité est ailleurs
Heureusement que notre Père veille sur nous
Heureusement qu’Il n’aime que nous
Ses enfants légitimes
Qui l’honorons comme Il le mérite
En accomplissant Sa volonté
Les vieux réflexes
Toujours les vieux réflexes
Narcotiques sont les religions
Les religions ne sont que de la dope gratuite
Mal coupée de surcroît
Le croyant n’est qu’un derviche-tourneur
Tourné sur soi et sa vanité propre
Je suis certainement égoïste
Mais nullement hypocrite
La foi collective est une calomnie
Chacun doit trouver son chemin
Il n’y a pas une déité
Mais six milliards
Bientôt moins
Beaucoup moins
Plus aucun
Il n’y a rien
Où sommes-nous ?

Par Jérémie Tholomé
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Lundi 12 mars 2007

Oublie
Oublie les anges
De la miséricorde
Dans tes poches
Le froid revient
Te prendre dans tes rêves
Depuis un mois
Tu ne dors plus
Oublies les anges
Crois-tu encore
Qu’ils t’aimeront
Pas de seconde chance
Echec
Oracle chinois
Millénaire
A parlé
Sentence tombée
Et château d’If
Long couteau aiguisé
Je me souviens de Churchill
De son salon enfumé
Plus de peinture
Plus de poésie
Juste l’ennui
Le fond de ton lit
Me fait plus que jamais envie
Tout est perdu
Tout est dit
Les Romains laissaient
Toujours aux traîtres
Le moyen d’assurer l’avenir de leurs familles
On faisait couler un bain chaud
Où le sans-parole se prélassait
Au fond de la baignoire en étain
Etait un couteau rouillé
Et l’eau devenait rouge
Oublie les anges
De la désolation
Partout sous nos fenêtres
Dans le cœur de ma muse
Règne l’araignée
Avec laquelle s’amuse son singe
Celui qui lui gratte le dos
Oublie
Prends une cigarette
Du feu tant que t’en veux
Pose ton cristal noir
Sur la table de la cuisine
Je t’ai fait couler un bain

Par Jérémie Tholomé
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