Ce qui compte, ce n’est pas de voir la fille, ça ne l’a jamais été. On sait tous ce qui se passera : discussion, rapprochement,
frôlements, lèvres qui s’écorchent. Non, la seule chose qui compte vraiment, c’est le coup de téléphone.
- Je suis là. T’es où ?
Une fois le coup de fil reçu, l’envie de se pointer au rendez-vous peut s’estomper.
Il faut toujours se forcer, aller acheter des clopes et un redbull au petit magasin de nuit et partir dans la nuit, retrouver la
fille.
Si l’on succombe à la paresse, si l’on ne se force pas, on passe irrémédiablement à côté d’une soirée qui compte. Et des soirées qui
comptent, il n’y en a pas tant que ça.
Ce qui peut nous faire renoncer, cela dit, est l’imbécillité de tout ceci.
Je m’explique. Un mec rencontre une nana et il tombe amoureux. Il lui fait la cour, il conquiert son petit cœur tout sucre tout miel,
ils sortent ensemble. Appelons la gonzesse « n°1 ». S’il n’avait pas flashé sur n°1, le mec aurait rencontré, selon toute probabilité, une autre fille (appelée n°2) et serait également
tombé amoureux d’elle.
Les sentiments éprouvés pour n°1 et n°2 sont ostensiblement les mêmes : amour, joie, tristesse, dégoût, envie de baiser et j’en
passe. Il y aurait eu, avec l’une ou l’autre, des disputes, des réconciliations, des déclarations d’amours, des caresses, des cris (de différentes natures et de différentes intensités) et tout
ceci n’aurait rien changé à rien et le mec vivrait les mêmes choses avec l’une ou l’autre, indifféremment.
Quand on y pense, tourner à droite ou à gauche, ce n’est pas si différent. C’est même identique. Huit jours après lundi, c’est
toujours lundi, non ?
Même dans le cas d’Angie.
Angie est le diable déguisé… en femme bien évidement ! Et ce soir, notre héros a rendez-vous avec Angie, qui vient de
l’appeler.
Après une vague
hésitation, il a salué ses amis, leur a souhaité une bonne soirée et est allé se ravitailler en cigarettes et en redbull.