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Ecrivain ch. j.f. jolie

Je souhaite à mes lecteurs une mort lente et douloureuse.
Je souhaite à mes lecteurs de se tenir éloignés des enfants.
Je souhaite à mes lecteurs que leurs femmes grossissent et à mes lectrices que leurs mecs les trompent.
Je souhaite à mes lecteurs des problèmes d'impuissance ou d'infertilité.

Je souhaite à mes lecteurs, une bonne lecture!

Lecteur, n'oublie pas de vivre ta vie plutôt que de la lire ou de l'écrire.

Mercredi 24 septembre 2008

Bean Town

 

Et il se réveilla, trempé de sueur. L’envie d’une cigarette est instantanée, la toux du fumeur également. Néanmoins, il s’efforçait de ne pas y voir un quelconque lien de cause à effet. Ian Van der Pol avait vingt-deux et était persuadé que le cancer attendrait de longues années avant de s’intéresser à sa personne. Et puis, il fallait bien reconnaître que la cigarette lui allait bien et personne dans son entourage ne l’imaginait sans son éternel paquet de Morley fourré dans la poche avant de son sac à bandoulière. Ses fumigènes, comme il aimait à les appeler, lui permettaient de manifester tant sa joie que sa déception ou son impatience et lui conféraient la force de cacher son excès de timidité qui, avec le temps, s’était transformé en exubérance.

 

Ian était étudiant en psychologie à l’Université de Bean Town, dans le Wyoming. Il résidait sur les hauteurs de la cité, à cinq minutes du centre urbain, dans un immeuble de logements à l’intérieur duquel il louait un studio avec une amie. Bean Town était la cité la plus jeune des Etats-Unis. Elle avait été bâtie dans les années 1970, là où s’arrête la Platte River à une centaine de kilomètres de Casper.

 

Littéralement, Bean Town était sortie de nulle part. Les élus locaux avaient décidé d’ériger une cité universitaire qui concurrencerait des institutions telles que Harvard ou Yale, jugées trop élitistes. Le pari était d’offrir un enseignement de qualité égale à celui dispensé au sein de ces dernières tout en en ouvrant l’accès à un maximum d’étudiants. En quelques années, là où ne s’étendait que du sable, se dressa une ville flambant neuve, façonnée dans l’unique but de favoriser l’apprentissage de la future élite intellectuelle de l’Amérique. Mais, dans l’esprit de beaucoup de gens, Bean Town était une ville sans en être une. Certes, il y avait bien des habitants à l’année mais la cité universitaire se vidait du trois-quart de ses résidents aussitôt l’année académique achevée. Les étudiants venaient de l’entièreté des Etats-Unis et parfois même au-delà pour pouvoir jouir des facilités d’encadrement et de la qualité des programmes dispensés à la Bean Town University. Toutes les spécialités y étaient regroupées et quelle que soit l’orientation que vous vouliez donner à votre cursus, vous trouveriez toujours votre bonheur à Bean Town.

 

En 1974, la première rentrée académique eu lieu et, au fil des années, la réputation de la BTU grandit et le Wyoming, l’un des états américains le moins connu, avait acquis un rayonnement national : il était devenu l’Etat du Savoir, l’un des symboles les plus flatteur de l’Amérique moderne. Une des particularités de Bean Town est qu’elle est, dans sa quasi-totalité, interdite à la circulation automobile. Il s’agit du ville piétonne où il fait bon se promener, en famille ou en amoureux. Les facultés et leurs équipements sont à la pointe du progrès. Les bibliothèques regorgent d’ouvrages traitant de tous les sujets. Côté divertissement, tout a été prévu pour que les gentils étudiants dépensent leurs dollars à Bean Town : bars, complexe cinématographique, centre commercial XXL, restaurants, théâtre, salle de concert,… Bref, Bean Town s’apparentait, pour beaucoup, à un rêve, à un synonyme de fête perpétuelle, de possibilités sans limites et, accessoirement, on y étudiait, on y préparait son avenir… mais pas trop vite !

 

Cela ferait bientôt trois ans que Ian étudiait à la Bean Town University. Il se destinait initialement à la profession de médecin généraliste mais après un an passé à la fac de médecine, il avait du reconnaître que la complexité de la discipline était telle qu’il n’était pas capable de mener à bien ces, trop longues et fastidieuses, études. Après avoir passé son été à rêver de devenir le nouveau Marlon Brando, Ian passa les portes de la Faculté de Psychologie et y trouva son compte, bien sûr avec des hauts et des bas. Il réussit l’année avec les honneurs, sans avoir l’air d’y toucher et avait passé ses vacances à Cheyenne, chez ses parents, car Ian était également originaire du Wyoming. La rentrée académique avait eu lieu quelques semaines auparavant et Ian entamait sa deuxième année en psycho avec pas mal d’entrain lié, il est vrai, à la perspective de partager son studio avec Clara Oppenheim, une amie rencontrée en médecine, originaire du Massachusetts, avec qui il avait décidé de cohabiter cette année.

Par J.Tho. - Publié dans : jthowords
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