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Ecrivain ch. j.f. jolie

Je souhaite à mes lecteurs une mort lente et douloureuse.
Je souhaite à mes lecteurs de se tenir éloignés des enfants.
Je souhaite à mes lecteurs que leurs femmes grossissent et à mes lectrices que leurs mecs les trompent.
Je souhaite à mes lecteurs des problèmes d'impuissance ou d'infertilité.

Je souhaite à mes lecteurs, une bonne lecture!

Lecteur, n'oublie pas de vivre ta vie plutôt que de la lire ou de l'écrire.

Vendredi 16 mars 2007

Nausicaa est un ange
Expulsé du Paradis
Pour un excès de mélancolie
Bien sûr il ne sert
A rien de vivre ainsi
Tournés vers le passé
L’air y est juste plus doux
Vous comprenez
Et toujours les volutes nacrées
Qu’exhalent les narines galbées
De ma maîtresse de cœur
Qui un jour de sang
Oubliera jusqu’à mon nom
Un jour froid
Létalement tachée
Ma chemise blanche
Près d’une gare
Je me coucherai
Le vent enrobera mon corps déjà bleu
Un
Dernier
Frisson
Glacera
Mes
Veines
Alors le voûte céleste
Se craquellera
Les arbres-poumons
Seront aspirés
Les poètes sont décapités
Nausicaa trouve la force de rire
Elle se penche vers moi
Repousse la mèche
De cheveux qui lui tombe dans les yeux
Lesquels me renvoient un reflet enjolivé
Celui du mec idéal
Quelqu’un qui compte encore
Qui compte encore

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Vendredi 16 mars 2007

Les lacrymales endolories
Elle prépare sa valise
Qu’elle jette sur ce qui fût notre lit
Ouvre les armoires
Chamboule les tiroirs
Un feu d’artifice de chaussettes
Elle a toujours été frileuse
Même que ça me faisait rire
La regardant du sofa où j’étais assis
Je pense que j’aurais pu lui donner mon nom
Au lieu de cela je serai bientôt obligé
D’oublier jusqu’au sien
Dehors la pluie
A l’intérieur l’orage
Une orgie de soutifs
Des dentelles qui ne seront plus enlevées
Même la cigarette n’a plus son goût apaisant
Elle ne dit plus un mot
Se contentant de quelques œillades furtives
Dans ma direction
Je ne pense déjà plus à elle
Que je croyais être une espèce d’Aphrodite
Non moi fumant tranquillement mes fumigènes
Je me vois naviguant sur
Le Radeau de la Méduse
Ma vision périphérique se trouble
Je n’entends ni ne sens plus
Rien
Le néant
Des mouvements flous
Des cheveux noirs qui volent
Et d’un coup
Une rire sardonique
Ma tête heurte le sol
Le sang se répand sur le carrelage
Rouge vermeil
La vibration des pas
Une porte qui claque
Comme le tonnerre en automne
Le bruit de la solitude

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Vendredi 16 mars 2007

Céline
Dix-huit bientôt neuf
Châtain
Hante la chambre morte
M’empêche de trouver le sommeil
Encore une nuit à sourciller
En attendant le passé
Céline mon dernier métro
Céline mon tramway à moi
Nommé « Envie » celui-là
Danse pour moi
Dans la froideur du soir
Ciel peint
Encre de Chine
Il est loin le temps
Où tu t’émerveillais
Devant les premières abeilles de saison
Postiche pastiche posé
Délicatement sur la maquilleuse
Tu sais Céline
Avec les ampoules
Et les photos sur la glace
Comme dans les films américains
Ma Lolita
Mon joli bout d’enfer à moi
Le muguet tu sais
Fleurira à nouveau
Et l’on ne fait que passer nous
On ne resplendit qu’une fois
Mon papillon à moi
Ephémère est ton amour
Mais l’on s’en souvient toujours
C’est comme cela que l’on meurt
Dans un lit avec de la chance
Un lit gris
Couvertures rouges
Un verre de vin à la main
Les souvenirs plein la tête
Céline
Dix-huit bientôt neuf
Châtain
Hante la chambre
Où je suis mort

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Vendredi 16 mars 2007

Natalia voulait voir l’océan
Le vrai
Le grand
Elle troqua ses économies
Contre un Latécoère
Qui faisait « tchouf tchouf »
Après avoir rempli le réservoir
Au fuel anglais
Elle s’envola vers les cieux
Tirant sur le manche de son appareil
Dans un millier de miles
Natalia verrait l’océan
Le vrai
Le grand
Mais par malheur
Elle négligea le fait
Qu’en altitude
Il règne un froid polaire
Etoile au firmament
La petite Natalia
Frissonne
De loin en loin
Se profilent
Les côtes maritimes
Son rêve se réalisait
Elle
Natalia Assimovitch
Elle verrait l’océan
Elle ne fit pas que cela
Elle s’y noya
Tandis que le coucou
Après avoir piqué du nez
De plus en plus
S’immergea avec violence
Dans ces abysses infernales
Le moteur de 1916
N’était pas fait pour la froide Russie
Natalia voulait voir l’océan
Le vrai
Le grand

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Vendredi 16 mars 2007

Un éthéromane
Poète à ses heures
Se regarde dans la glace
Que voit-il ?
Les éléphants perdus ?
Ce serait trop simple
Son esprit s’égare
S’éloigne
Se perd en chemin
Meurt dans le caniveau
Littéralement
L’homme entreprend de se raser
Péniblement il glisse
La lame contre une joue
La droite
Qu’il coupe
Sciemment ou pas
Le sang perle dans le lavabo
Flash-back
Vie enterrée
Jeune fille vierge
Violée dans une sombre ruelle
Le sang versé sur une poubelle
Evidemment l’homme pleure
Les larmes se mêlent au sang
Dans ce lavabo-marmite
Ce lavabo-purgatoire
Les larmes dissolvent le sang
Le lavabo semble immaculé
Doucement
Avec des gestes vifs et précis
L’homme applique sur sa joue blessée
De la ouate alcoolisée à quatre-vingt-dix degrés
Un rictus de douleur se lit sur son visage
Dans deux heures il n’y paraîtra plus
Que voit-il ?
Une jolie jeune femme blonde
Aux formes généreuses
Se dépêchant sous la pluie battante ?
Un éthéromane
Poète à ses heures
Se regarde dans la glace
Trouve la force de ricaner
Foulant du pied
Toute idée même de beauté

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Vendredi 16 mars 2007
Amour toujours
Jusqu’au jour

Se lève le rideau
Sur nos étaux
Dans nos bras
Circule la mort
Cancer non sain
Dort en ton sein
Et dans ton cœur
Palpitant
Pour un visage pâle
BM et IBM
Elles me demandent
Pourquoi je fais la gueule
Pourquoi jamais
Je ne dis je t’aime
Trop peur de me perdre
Dormant sous un cèdre
J’oublie trop vite ma mortalité
Je déprime
Les fausses-pudeurs
Nos erreurs
Les verres vides
Les vides-verres
Ceux qui volent nos heures
Heureux évènement
Jamais
Pourtant
J’aimerais
Si tu me laissais  
Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Vendredi 16 mars 2007

Monographie
Polyphonie
Sonnerie
Restez polis !
Dans le train
Tôt le matin
Dans mon bain
Le voisin
Appelle son copain
Pour l’informer
Que de lui il est folle
Antenne parabolique
En forme
De symbole phallique
La vache sans logis
Heurta l’autocar
Transportant des lycéennes
Toutes mortes
Leur peau si douce
Brûlée au dernier degré
De bêtise
Allô allô ?
A l’eau
Honte à toi
Qui la première
Et caetera
Ondes cancer
Petite boîte en fer
La vie près de toi
Est pire que l’enfer
Restons polis !
Pi li pi pi pi li pi pi
Pi li

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Vendredi 16 mars 2007

Tous les cloportes
De leur vivant colportent
Maladies vénériennes
Des alentours de Vienne
Laissons s’interroger
Les indécis
Sur le bien fondé
De leur présence ici
Et la réforme de la police
Et les trains déraillant
Enrayant les rails
De coke
Et l’argent de la misère
La révolution qu’on nous vend
Avec un packaging du terroir
Le changement
Ca me déboussole
Si bien que je me cogne la tête
Et me retrouve au sol
Et les cigarettes light
Du vent du vent
Un peu d’air frais
Fermez la porte
Tire dans mes jambes
Flageolantes
Monde affligeant
Miss Under-Wear
Est rhabillée
C’est la fin de l’été
Elle était si belle
Que je m’y suis baigné

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Vendredi 16 mars 2007

Un matin on se lève. On peut savoir le matin quand on se lève que l’on ira prendre un café dans un café. On peut tout aussi bien savoir le matin quand on se lève que l’on ira pas prendre un café dans un café. Mais sont-ce là les seules possibilités concernant le café du café ? On pourrait tout aussi bien ne pas savoir le matin quand on se lève que l’on prendra un café dans un café comme on pourrait également ne pas savoir que l’on ira pas prendre un café dans un café. Si l’on me demande mon avis je dirais que pour ma part même si en me levant le matin je ne peux être sûr que j’irai prendre un café dans un café car on ne peut jamais être sûr de rien dans le monde actuel même si je ne peux être sûr que j’irai effectivement dans un café pour y boire effectivement un café il y a lorsque l’on en vient à me connaître beaucoup de chance que je me rende effectivement dans un café pour y boire effectivement un café quand je me lève le matin. Il existe une probabilité importante qui veut que les chances que j’ai de me rendre dans un café pour un café soient plus importantes que les chances qui sont miennes de ne pas prendre un café dans un café. Pour ce qui est de la probabilité qui est mienne en matière de savoir si oui ou non j’irai oui ou non dans un café pour boire oui ou non un café je ne saurais en dire long sur elle tant mes désirs mes desseins et mes projets sont de nature fluctuante pouvant varier comme le veut leur fluctuante nature de minute en minute. Or ce matin tandis que je me lève je sais que j’irai prendre un café dans un café mais seulement si j’y vais du matin. En somme je ne suis pas sûr de me rendre dans un café afin de prendre un café car cela implique que j’y aille entre le moment où je me lève et l’heure du midi. Tout ça parce qu’après je ne bois pas de café dans un café. Jamais je ne prends de café après l’heure du midi et cette probabilité-là est en réalité une certitude tant je ne bois pas de café après l’heure du midi. En fait si ça m’arrive parfois je dois bien le concéder de boire un café dans un café mais pas forcément dans un café même si c’est au café qu’il faut bien avouer que je bois la plupart de mes cafés non je ne dois pas dire n’importe quoi et tout de même abandonner l’idée que je bois du café ailleurs que dans un café après l’heure du midi mais ceci est très rare car il faut pour cela (boire un café dans un café ou pas même si je ne l’ai jamais fait après l’heure du midi) que l’heure du midi soit passée que l’on soit le week-end c’est-à-dire samedi et/ou dimanche que je me trouve dans un café ou que je ne m’y trouve pas et que j’aie une envie de prendre un café.

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Vendredi 16 mars 2007

Quand il ne restera plus rien à brûler
L’homme s’attaquera à ce qu’il a aimé
Les souvenirs qu’il s’est forgés
Au fil des ans disparaîtront
Laisseront leur place à l’ange de la désolation
Celui là qui fait se rencontrer buildings et avions
Marcher sous les arbres en automne
Les feuilles mortes crissant sous nos pieds
S’amuser à mettre de la buée sur nos vitres
Et y écrire des mots doux avec nos doigts
Juste pour faire enrager maman
Pourquoi faire compliqué
Quand la vie ne demande qu’à être belle ?
Regarder la télé la tête à l’envers
Caresser le ventre d’un chat
Le regarder courir derrière nos pas
Et ils voudraient nous assujettir
Ils se prennent pour des martyrs
A croire que se faire sauter
Est plus simple que de parler
Ils couleront le bateau ivre
Et piétineront les tournesols
Comme ceux que j’avais plantés
Dans le jardin de mon enfance
Aujourd’hui déjà trop loin
Le petit coin de paradis
Du temps où je voulais déterrer les dinosaures
Trop sûr de l’avenir
Si j’avais su
Les petro-dollards
Les femmes cachées derrière les tissus
Celles dont le seul tissu semble être leurs derrières
Ceux qui s’en foutent
Ceux qui s’inquiètent
Celles qui m’aiment
Celles qui m’embêtent
Quand il ne restera plus rien à brûler
C’est notre peau que l’on fera flamber

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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