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Ecrivain ch. j.f. jolie

Je souhaite à mes lecteurs une mort lente et douloureuse.
Je souhaite à mes lecteurs de se tenir éloignés des enfants.
Je souhaite à mes lecteurs que leurs femmes grossissent et à mes lectrices que leurs mecs les trompent.
Je souhaite à mes lecteurs des problèmes d'impuissance ou d'infertilité.

Je souhaite à mes lecteurs, une bonne lecture!

Lecteur, n'oublie pas de vivre ta vie plutôt que de la lire ou de l'écrire.

Lundi 16 juillet 2007

Le néon
Dominant la rue
La rue sous
La fenêtre de ma chambre
Le néon ne
S’illuminera pas ce soir
Quand la lune téléchargée
Gravira cahotante
Le col céleste
De la nuit
Encre ébène
Surplombant la
Fenêtre de ma chambre
Et les chats
Peuplant la rue
Attendront en vain
L’illumination
Du néon qu’ils avaient
Pourtant miaulé de leurs vœux
La non-lumière transpercera
De part et d’autre
Le tube néo-plastique
De la lampe à finition post-moderne
Dominant le poteau en pierre
La rue
Et la fenêtre de ma chambre
Plus que jamais imprégnée
D’une obscurité lascive

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Mardi 10 juillet 2007

     Et la rose mourrait. Sur le bord du chemin. La rose mourrait. De déshydratation. Que faire ? Entre deux maux, me disait le Vieux, l’homme à la tête bien faite se doit TOUJOURS de choisir le moindre mal. Ainsi, j’avisai Susan d’y bouter le feu à cette rose desséchée.
     Le Vieux était un précurseur. Sous après sous, il avait économisé des années afin de se payer un voyage à Paris. Arrivé au dernier étage de la Tour Eiffel, il avait enjambé la balustrade et avait sauté. Moi je savais qu’il allait mettre fin à ses jours dans la Ville Lumière mais j’avais décidé de ne rien faire pour m’y opposer. L’immobilité est le principe du mouvement. Lao-Tseu. Un vieux de moins, c’est toujours ça de pris. Moi.
     Susan avait chialé quand elle apprit la mort du vieux dans le journal local. Il faut dire que le vieux lui filait du cash pour qu’elle puisse s’acheter son héroïne parce que ça l’éclatait de la voir devenir une junkie. Il était comme ça le Vieux, à s’amuser de la connerie humaine. C’est pour le faire rire que je me suis mis à boire.
     Pendant la guerre, il écrivait à la Kommandantur pour dénoncer sa famille et tous les cons qu’il ne pouvait pas voir en peinture. Malheureusement pour lui, les Allemands n’ont jamais voulu le croire et c’est ainsi que le Vieux rentra dans la résistance. Le Vieux aimait la destruction de toutes œuvre humaine. Il disait que l’homme s’échinait à se faire passer pour un être supérieur à l’animal. Il disait que c’était stupide et faux. Il disait que l’on devait assumer ce que l’on était. D’après le Vieux, en temps de guerre, l’homme s’approchait de ce qu’était l’humanité. Le Vieux, au fond, il aimait beaucoup Hitler. Moi ça me plaisait pas trop, ces trucs nazis. Mais bon, le Vieux, je l’aimais bien. Je ne fais pas de politique et n’en ferai jamais.
     La vie maintenant, se résume à agresser des veilles dans la rue pour acheter sa came à Susan, traverser le pays et brûler les fleurs. Le rêve de destruction du Vieux vivrait tant que nous vivrions.

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Dimanche 8 juillet 2007

Ensuite elle me demanda une cigarette
Puis elle se mit à râler parce que ce n’était
Pas une Marlboro mais bien une
Lucky Strike
Et je me suis demandé à moi-même ce qu’elle
Pouvait bien espérer d’autre en me
Demandant à moi une cigarette
Alors elle ne voulu plus de la cigarette
Juste la fin de la
Cigarette seulement
Et j’ai trouvé que c’était beaucoup demander
Rien de plus gratifiant pour le fumeur
Moyen que de fumer la fin de la cigarette
Si le fumeur moyen fume c’est
Entre autre chose
Pour la joie que l’on éprouve
Lorsque l’on fume
La fin de la cigarette
J’ai dit non
Mais elle insista
Je lui ai dit que je trouvais
Que c’était con qu’elle me demande une
Cigarette car elle ne
Fume même pas en fait
Elle me regarda dans les yeux
Et me dit :
Tu sais bien
J’ai soupiré :
Je sais bien oui
On s’assit alors sur
Le bord du chemin
Elle scruta le bout
Du bout de
Ses pieds
Silencieuse
Tandis que je fumai les
Trois-quarts de mon fumigène
Elle aspira une petite bouffée
Lorsque je lui passai la clope
Toussa et dit :
Oh j’aime vraiment pas les Lucky
Et l’on s’est regardé
En souriant

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Samedi 7 juillet 2007

Ce matin je
Me suis réveillé
Débonnaire
Les yeux
Vaguement vides
A la place de la bougie
Fringante
Allumée la veille
Se trouve un
Amas de cire
Semi-liquide
A moitié répugnant
Que vais-je faire de cela ?
Puis
Toujours couché
Je me suis rendu compte
Que j’étais
Vivant
Au sens physiologique du terme
Je pouvais presque
Sentir le sang affluer dans mes artères
Et tout le reste
Du genre
Respiration pouls anticorps
Que sais-je
Puis
Les yeux
Indistinctement emplis
De gratitude
J’ai pensé
A tous ceux qui ne sont plus là
Et j’ai ri
Comme un possédé
Toujours couché
J’ai ri
Tandis que la cire
Dégoulinait encore
Tout autour du socle
De ce qu’avait été la
Fringante bougie

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Mercredi 4 juillet 2007

Démons et merveilles
Se confondent et s’entremêlent
Dans l’obscurité
De la chambre
D’Estelle Houston
Mannequin britannique
Toxicomane à ses heures perdues
Estelle aura vingt ans hier
Si elle arrive
A rattraper le temps
Et un pouls correct
Les médecins s’acharnent
La relient à des tas de machines
Donnant l’illusion d’une vie humaine
Mais qu’elle meure ou pas
Le temps
Lui
Continuera
Alternant le jour
Et la nuit
Dans la chambre
D’Estelle Houston
Mannequin britannique
Epicurienne éperdue
Dix-neuf ans à jamais

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Mercredi 4 juillet 2007

     Et il suffisait d’écouter leur musique, à ces pauvres hères pour comprendre toute leur détresse, pour saisir l’entièreté de leurs flagrantes limites.
     Ainsi la technique était la suivante : prendre une petite minette de vingt piges répondant aux standards de beauté actuelle (c'est-à-dire cliniquement cadavérique) et l’enfermer dix jours dans un studio d’enregistrement. Mais pas pour chanter, olala non, pas pour chanter malheureux…
     Non, juste lui laver correctement le cerveau (ou lui en greffer un) de telle sorte que cette néo-chanteuse post-humaine soit apte à participer aux radios-crochets fashion de la Une et la Six ainsi qu’aux divers talk-shows de la Deux, de la Six, de Canal et enfin aux émissions radiodiffusées de la fréquence Marrante. Il faut qu’elle apprenne, à ne pas rougir aux questions sur la sexualité débridée qu’on lui confèrera, à ne pas démentir les liaisons qu’on lui prêtera avec les pseudo-footballeurs parisiens, à ne pas dire non quand on lui demandera de se dévêtir ou lorsque l’animateur lui demandera de l’embrasser à pleine langue.
     Mais la musique alors ? He bien, nul problème. A la base une boîte à rythme qui fait « boum boum », accompagnée d’un Black qui éructe des « Hey » « Hum hum » « Check this out » « Listen » « This is !§/&@+µ*, baby », des bruits de foule en délire ou l’océan indien pour les chansons d’amours.
     Ensuite : par-dessus, faire susurrer par la gamine-objet répondant au qualificatif suranné de chanteuse des rimes bateaux sur la trahison de sa meilleure amie (vous les filles !), l’amour impossible bien qu’éternel pour un blaireau quelconque (vous les mecs !), les fringues, la mode, les gangsta-rappeurs de mes deux, les chiots, les bébés, Georges Bush, Sarko et retoucher le tout avec VoiceTune pour donner l’impression que la pute sait chanter.
     J’écris la pute, c’est très méchant mais c’est un peu ça. Dans son clip vidéo, on ne lui demandera rien d’autre que de se trémousser devant une bagnole coupé sport rouge (qu’elle devra peut-être laver à grand renfort de mousse qui lui dégoulinera entre le soutif et sur son ventre extra-plat), une cours de récréation ou bien, si le réalisateur est honnête : une barre d’acier horizontale.
     Puis viendra le temps des photos dans les magazines où ce sera pareil que dans les clips sauf que ce seront là des images fixes et non des images qui bougent. Ceci se fera en tenue d’Eve ou pas mais où est la différence de nos jours ? Peut-être si il s’agit d’un magazine intello y aura-t-il une interview avec les photos où l’on inventera une vie trépidante à l’objet… heu… je veux dire à l’artiste. « Mon papa me battait mais je l’ai pardonné. Je crois en Jésus Christ. J’aime les enfants. Je suis une vraie artiste et je le prouverai. Je dois tout à mon public. »
     Les gamines de treize ans se pousseront lorsque les portes de l’Olympia s’ouvriront. Elles entonneront en chœur le hit suprême de notre artiste favorite : « J’ai besoin d’un mec sincère ». Elles feront tant de bruit les petites connes que personne ne remarquera que l’autre idiote ne chante pas mais se contente de bouger les lèvres et que les guitares ne sont même pas branchées sur les amplis.
     Dans la foulée de cette tournée spectaculaire, « à la rencontre du public que j’aime tant », on sortira la biographie officielle de la star des kids avec en prime un string avec sa tronche dessus. Dans le livre on apprendra des secrets incroyables, des révélations sidérantes et plein de trucs super-hypra-cool du genre : « Mon papa me battait mais je l’ai pardonné. Je crois en Jésus Christ. J’aime les enfants. Je suis une vraie artiste et je le prouverai. Je dois tout à mon public. »
     A vingt-trois ans, après quatre albums et deux best-of, !§/&@+µ* sera délaissée par sa maison de disques : « Trop vieille, dépassée, overviewed, unbankable anymore» diront les décideurs.
     Pendant deux ans, elle fera la tournée des nightclubs et se traînera dans les soirées people où l’on offre des portables aux has-been. Peut-être participera-t-elle à une émission de télé-réalité. Aux rares journalistes qui s’intéresseront encore à elle, elle confiera qu’elle va très bien et qu’elle a plein de projet en préparation. Elle sombrera doucement, le nez toujours plus enfoncé dans la coke.
     Enfin, elle se rasera la tête dans un hôtel merdique, se fera un dernier rail et enjambera suicidairement le balcon de sa chambre. « Il y avait du vent ce jour-là sur la ville Lumière lorsque !§/&@+µ*, 25 ans, s’envola vers les cieux » pourra-t-on lire dans Voici (journal officiel de la post-humanité).

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Mercredi 27 juin 2007

Souviens-toi Tristessa
Le soleil resplendissait sur la jeune Louvain ce jour-là
Et tu te serrais tout contre moi
Souriante dans ta belle blouse blanche
Jolie douce étincelante
Le soleil venant se refléter sur le galbe de tes hanches
Souviens-toi Tristessa
Le soleil resplendissait sur la jeune Louvain
Nous étions sur le parvis de l’Eglise
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Souviens-toi Tristessa
Toi que j’aimais déjà
Toi qui ne m’aimais plus
Souviens-toi
Souviens-toi quand même de ce jour-là
N’oublie pas
Le chagrin contre toi
S’évanouissait
Tandis que dans le creux de ton oreille
Je soufflais ton prénom
Tristessa
Et tu m’as effleuré la joue
Du revers de la main
Etincelante jolie douce
Et tu m’a embrassé
Souviens-toi de cela Tristessa
N’oublie pas
Ce soleil chaud et radieux
Sur ton visage radieux
Sur cette ville radieuse
Ce soleil sur le parvis de l’Eglise
Oh Tristessa
Quelle connerie l’amour
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous ce soleil de plomb
D’été caniculaire réchauffant le planète
Et moi contre qui tu te serrais
Affectueusement
Suis-je mort disparu ou encore non-vivant
Oh Tristessa
Le soleil resplendit encore sur la jeune Louvain
Comme il resplendissait avant
Mais ce n’est plus pareil et il semble haineux sans toi
C’est un soleil harassant et de fin du monde
Ce n’est même plus un soleil de plomb
D’été caniculaire réchauffant la planète
Tout simplement un soleil infernal
Qui crève jusqu’à mes derniers espoirs
Mes espoirs qui disparaissent
Tel une bougie qui se consume
A l’intérieur de l’Eglise de la jeune Louvain
Du haut de laquelle
Je me suis jeté

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Mercredi 27 juin 2007

Ils se regardent
Comme se regardent les loups romains
De biais et l’œil torve
Ce qui fait qu’à force
Ils doivent se rendre
En urgence
Chez l’opticien du coin
Qui leur fera passer
Toute une batterie de tests
Aboutissant à l’acquisition d’une paire
De lunettes aux montures interchangeables
Le dandysme est une malédiction
Jamais vu un soudanais hésiter longuement
Entre des montures jaunes et des montures rouges
Mais je ne veux pas me la jouer Bernard-Henri Lévy
Je n’ai jamais vu un soudanais tout court
La misère du monde
Je préfère de loin la laisser
A Pierre Bourdieu
Ce petit homme gris qui baragouinait
Ses propres concepts afin
D’éviter de dire les choses clairement
Il aurait fait je crois
Un merveilleux homme politique
Passons
Donc ils se regardaient tous
Méchamment
Les uns se cloutaient les mains
Les autres se faisaient exploser dans des bus
Des métros et des 2 CV oranges
Tandis que d’autres balançaient leurs missiles
Alors que d’autres se laissaient marcher dessus
Et pendant ce temps l’atmosphère se réchauffait
Les ours polaires se noyaient dans le grand Nord
Future station balnéaire
De toute façon on les aurait tués
Pour ma part
J’en étais là
Couché auprès de mes déesses abîmées
Qui piaillaient gentiment
C’était le début de l’été
Et rien ne semblait
Pouvoir nous arriver

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Jeudi 21 juin 2007

I wrote your name
On a piece of paper
That I lost in your hand
I remenber you well
You were dressed like
Angelina Dark
In that chinese movie
Where the apocalypse happened
It suits me
And then we are
Here
At the coffe house
You’ve ordered a banana juice on the rocks
As usual
Damn’ girl you’re beautifull
And I’m a lucky man for
Seeing that with all the
Awful things that I’ve done in my
Wreckled life
You’re an angel
And I don’t deserve you
As my shiny girlfriend
But you know
As your tong is reaching my mouth
That life makes nonsense at all

Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Mercredi 30 mai 2007

            Il était, en outre, ahurissant de constater que les post-humains entretenaient encore des relations entre eux. Peut-être cela vous parait-il évident, vous qui lisez mais, dotés de leur technologie portable masturbatoire, c’était loin d’être une évidence, ces interrelations post-humaines…

            Et tout ceci aurait pu me rendre un semblant de sourire. J’imagine que cela aurait pu me rendre une once de foi en l’humanitas. Oui, si j’étais resté un observateur lointain. Malheureusement pour moi, je suis toujours poussé à creuser plus loin mes théories.

            Ainsi, si l’on prend le temps de gratter sous le verni des rapports post-humain, on peut aisément être terrassé par l’horreur, le dégoût, la forte dépréciation de nos semblables.

            Je t’aime tu m’aimes il aime elle aime nous aimons vous aimez ils aiment elles aiment je t’aime tu m’aimes il m’aime elle m’aime nous nous aimons vous vous aimez ils s’aiment elles s’aiment je ne t’aime plus elle m’aime tu l’aimes ? je m’aime nous nous aimons vous vous aimiez il se sont aimés je t’aime tu m’aimes ? il l’aime elle l’aimait je t’aime il m’aimait vous l’aimez ? vous l’aimiez ? vous l’aimerez nous nous sommes aimés vous aimez je t’aime ils s’aimeront je t’aime tu m’aimes ? nous aimons vous aimez je m’aime tu m’aimes ? ils s’aiment je t’aimais…

            Deux-mille ans d’histoire et il ne reste que cela. Triste. Leurs maisons isolées, estampillées « développement durable » avec leurs satanés panneaux solaires tellement friables qu’il faut remplacer l’installation si une de leurs idiotes d’hirondelles annonciatrice du printemps comme moi du naufrage de vaisseau humain, s’écrase telle une cigarette sur les-dits panneaux solaires, ne sont qu’autant de cavernes déguisées.

            Ainsi, l’indigne descendant du singe qui lui descend de l’arbre a inventé un mot concept, qu’il a nommé verbe, afin d’y réduire tous ses soi-disant problèmes tout en adjuvant, dans le même putain de verbe, toutes les soi-disant solutions afin de guérir tous ses soi-disant problèmes.

            Je t’aime tu m’aimes il aime elle aime nous aimons vous aimez ils aiment elles aiment je t’aime tu m’aimes il m’aime elle m’aime nous nous aimons vous vous aimez ils s’aiment elles s’aiment je ne t’aime plus elle m’aime tu l’aimes ? je m’aime nous nous aimons vous vous aimiez il se sont aimés je t’aime tu m’aimes ? il l’aime elle l’aimait je t’aime il m’aimait vous l’aimez ? vous l’aimiez ? vous l’aimerez nous nous sommes aimés vous aimez je t’aime ils s’aimeront je t’aime tu m’aimes ? nous aimons vous aimez je m’aime tu m’aimes ? ils s’aiment je t’aimais…

            Mais au fond, l’homme et le post-homme savent tous deux que l’amour est un peu bidon. Un peu… tout petit peu… sur les bords… carrément, quoi ! Un des premiers à s’en rendre compte fut un petit mec nommé Diogène Laërce. Malheureusement pour lui, les moyens de contraceptions de l’époque n’étaient pas vraiment au point et ses parents, pour passer leur rage d’avoir malencontreusement conçu ce gosse, lui donnèrent le nom de Diogène, pour se venger. Mais là n’est pas mon propos. Donc, je vous emmène dans l’Antiquité, l’époque du bien-nommé Diogène Laërce. Cet homme se rend compte, comme tout le monde au moins une fois, que l’amour c’est du pipeau (comme le chante très bien l’excellente Brigitte Fontaine, ndla) et donc, parce que cet homme était en fait un profond pré-humaniste, se dit que pour sauver la face de sa race il va falloir donner le change et transmettre quelque chose de plus concret que la notion d’amour aux générations futures.

            Alors le petit Diogène s’interroge… que faire… que faire… je ne suis qu’un petit grec, se lamente-t-il, que puis-je inventer ? Ne trouvant rien, il oublia l’idée de créer quelque chose à transmettre à l’humanité. Un beau jour de mai, pour se détendre et parce qu’il était un vrai rigolo ce Diogène, il décida d’étudier mathématiquement les triangles !

Il faut savoir qu’à la même époque, un gars nommé Pythagore (fichu moyens de contraceptions archaïques !) avait balancé une théorie révolutionnaire dans le petit monde fermé du triangle en avançant que dans le cas d’un triangle rectangle, le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés. Pythagore était une grande gueule, un rebelle comme plus tard, Che Guevara le deviendrait ! Bref, Pythagore était une rock star et sa théorie rebelle lui permettait de s’acheter de superbe toges dont il se drapait de façon non-conformiste.

Le petit Diogène adulait véritablement Pythagore à tel point qu’il copiait la façon dont Pythagore s’habillait et Diogène s’échinait à plisser sa toge de la même façon. Il lui arrivait même d’inventer des histoires dont Pythagore était invariablement le héros. Pythagore sauvant un enfant des crocs d’un loup. Pythagore escaladant un marronnier à l’aide de ses dents, etc. La meilleure histoire fut sans doute celle où Diogène imagina un dialogue entre un général d’armée et Pythagore.

Le général d’armée, pantois d’admiration devant Pythagore, lui demande : « Où vas-tu chercher ton génie ? Pourquoi es-tu si intelligent ? Comment fais-tu pour interroger les choses ? Quel est ton art, grand Pythagore aux ongles manucurés ? »

            Là-dessus, Pythagore répond : « Je ne connais pas d’art mais je suis philosophe. » Le général est ébahi : « Philosophe, olala, mais quel est l’origine de ce mot nouveau ? » L’autre répond : « Le philosophe est celui qui ne recherche pas la gloire, la considération publique, l’appât du gain, la reconnaissance. Il cherche, par un libre examen, à comprendre comment les choses ont lieu et comment elles se passent. Les philosophes sont les amis de la sagesse. »

            Ou le benêt du coin, selon moi. Enfin… Le petit Diogène trouva que cette histoire était la meilleure qu’il n’avait jamais inventée. Il faut dire que ce jour-là, il avait été faire un petit tour dans la vigne de son voisin et avait vidé moult amphores de vin rouge, servant d’exemple pour tous les autoproclamés « artistes » qui dorénavant, gaspilleront leur talents, tous les soirs dans les tavernes. Enfin…

Diogène trouva son histoire tellement belle qu’il se mit à la raconter à tout le monde si bien, que d’Athènes à Sparte, tout le monde ne parlait plus que de la sagesse, de la philosophie et des bienfaits du vin. Diogène avait réussi son pari de faire croire que l’humanité pouvait être capable de penser à autre chose qu’à l’amour de l’autre !

Et plein de mecs ont acheté ce concept de philosophie pour oublier les soi-disant problèmes humains qui font tellement rire les êtres bien plus évolués, venus de galaxies lointaines, très lointaines… Le plus célèbre d’entre ces mecs s’appelait Socrate. Lui, la philosophie, il faisait semblant d’y croire dur comme fer et je pense même qu’à force d’en parler, il oublia que cela n’était qu’une histoire de pochetrons. Il s’en foutait un peu parce que faire de la philosophie ça lui donnait l’occasion de faire chier tout le monde sur la place publique athénienne et d’organiser des beaux banquets jusqu’au jour où il fit une overdose de ciguë, le LSD de l’époque. Ensuite, de Platon à Bernard-Henri Levy, plein de gens, de génération en génération, se mirent à pratiquer la philosophie, discipline presque aussi bidon que la psychanalyse, inventée pour faire croire que l’homme ne se résumait pas à des histoires d’amours.

Aujourd’hui, rien n’a changé, la post-humanité ne vaut pas grand-chose, l’amour est toujours considéré comme le problème et la solution à celui-ci et la philosophie est enseignée dans toutes les écoles supérieures et universités de la Communauté Française de Belgique !
Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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