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Ecrivain ch. j.f. jolie

Je souhaite à mes lecteurs une mort lente et douloureuse.
Je souhaite à mes lecteurs de se tenir éloignés des enfants.
Je souhaite à mes lecteurs que leurs femmes grossissent et à mes lectrices que leurs mecs les trompent.
Je souhaite à mes lecteurs des problèmes d'impuissance ou d'infertilité.

Je souhaite à mes lecteurs, une bonne lecture!

Lecteur, n'oublie pas de vivre ta vie plutôt que de la lire ou de l'écrire.

Mardi 18 mars 2008
Ai rencontré une folle à l’arrêt de bus
Dentition dégueulasse
Tandis que je me trouvais en charmante compagnie
Nous raconte qu’elle avait peint son téléphone
Et fait découvrir le bus et le tram à son fils lorsque
Celui-ci avait trois ans
Conclut par la sentence :
« Il faut être courageux
Pour prendre le bus »
J’opine du chef
La charmante compagnie opine du chef
Ce qu’elle est belle lorsqu’elle opine
Nous opinons de concert
Nous opinons en cœur
La folle manque de s’étaler lorsque le bus arrive
Je la rattrape
Je l’ai touchée – dégueulasse – travail social / merde !
 
Je repense au chocolat chaud pris dans le café un peu plus tôt
Avec ma jolie compagnie et ses cigarettes
Elles m’ont manqué ces foutues cigarettes
Et sa manie de les fumer au coin des lèvres
Et sa façon de remuer la cuillère dans le cappuccino
Et elle m’a manqué tout simplement !
Qu’il fut le long le temps de se retrouver
Trop longue la liste des filles inutiles entre la dernière fois
Et aujourd’hui
Trop douloureuses les larmes de cendre versées perpétuellement
Dans les cafés et dans la bière tiédasse servie dans des gobelets
Trop chiante la vie sans elle
 
Et je repense à tout ça
Au bonheur de marcher à côté d’elle
A la sonorité mielleuse de nos rires entremêlés
Et je repense à tout ça
Tandis que je m’installe dans le bus à ses côtés
La folle s’est trompée de bus
Et manque de tomber lorsqu'elle rate le marchepied
Je crois qu’elle finit par tomber
Quelque part entre la chaussée et l’abribus
Je ne suis sûr de rien
J’étais perdu dans des yeux féminins
Par J.Tho. - Publié dans : jthowords
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Lundi 17 mars 2008
Le train est rempli
Des plus immondes saloperies
Nous sommes lundi et
Une ignoble fille se trouve
Assise en face de moi
Tout ceci est déplaisant
Il fait froid et
Je me suis fais larguer
Dans le courant
De la semaine passée
Je l’avais cherché
Mais certainement pas mérité
La mocheté qui me pollue mon
Espace tandis que le train
Vivote d’un aiguillage à l’autre
Me portant trop lentement
Au-delà de cette grise matinée
Par J.Tho. - Publié dans : jthowords
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Mardi 11 mars 2008
Je vous déteste tous
Lecteurs sans visage
Et sans main pour tourner les pages
Et je me hais de vous
Détester vous qui
Me lisez sans les mains
Et ce n’est pas tout je
Me hais aussi pour
Avoir arrêté de vouloir
Commencer à fumer pour
Avoir trompé en pensée toutes mes
Ex fiancées qui n’ont jamais
Lu mes poèmes avec les mains
Mais aussi et surtout pour
Toujours regarder les filles qui n’ont
Pas à être regardées de moi
Et pour tout cela et
Pour bien d’autres choses
Encore je
Vous déteste tous
Lecteurs sans visage
Et sans cœur pour tourner ma page
Par J.Tho. - Publié dans : jthowords
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Mardi 11 mars 2008
La semaine dernière j’ai
Lu un bouquin de Bukowski
C’était tellement bon que j’ai
L’impression très nette de n’avoir jamais
Rien lu jusque là
 
La semaine dernière j’ai
Rencontré une jolie jeune femme
Elle était tellement belle que je
Crois sincèrement n’avoir jamais
Rencontré de jolie femme jusque là
 
La semaine dernière j’ai
Ecrit une scène d’amour
Tellement romantique que je
Ne pense pas avoir jamais
Aimé jusque là
 
La semaine dernière j’ai
Lu un bouquin de Bukowski
Rencontré une jolie jeune femme
Ecrit une scène d’amour
Et je dois dire que cette semaine je
Me fais chier jusque là
Par J.Tho. - Publié dans : jthowords
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Samedi 29 décembre 2007
Thé glacé
Dans la véranda
Reflet de ce qui a été
Et qui plus jamais ne sera
Les baisers au groseille
Et le parfum des biscuits
Sortis du four
Une année s’écoule
Une autre joue à sa place
Jamais ne la remplace
Par J.Tho. - Publié dans : jthowords
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Samedi 10 novembre 2007
"La lumière tamisée, romantique, a été inventée par un type qui voulait faire des économies d'électricité."

A : "Je me rends compte que lorsque je ne suis pas en train de penser à une gonzesse, je ne pense à rien."
B : "Et là tu penses à quoi?"
A : "A rien."
B : "T'as de la chance."

"Je suis heureux car j'ai enfin trouvé une justification littéraire à mon dégoût patenté des femmes physiquement disgracieuses. Les jolies filles sont à l'envers de la vie. Quitte à être un connard, autant être un connard poétique."

"Entre le talent et l'imagination, je choisi l'imagination car elle peut donner l'illusion du talent."
Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Samedi 10 novembre 2007
            LA VOISINE est morte. Plus jamais je ne la reverrai. Hémorragie cérébrale pendant la nuit, il y a trois jours de cela. Elle est morte. A quelques mètres de chez moi. A quelques mètres de moi. Tandis que je dormais, elle, mourrait. Terrible. Terrible ! Elle était couchée dans son vieux lit, couchée sur son matelas défoncé par le temps et son poids. Elle a dû se sentir nauséeuse, s’est levée à grand peine, haletante. Elle a vomi avant d’atteindre les toilettes et a glissé sur ses déglutitions putrides mêlées à son sang. Et moi, je dormais à poings fermés tandis que les ongles de la voisine griffaient le parquet de son vestibule obscur comme pour mieux s’accrocher à la vie qui fuyait de part en part de son vieux corps lourd. Je dormais. Et j’étais heureux de dormir tandis qu’elle mourrait et était terrifiée à cette simple idée. Triste. Triste, la répugnance qu’ont les gens à quitter ce monde dont ils se plaignent pourtant. 

     Elle n’avait plus de famille. Pas d’enfants. Personne. Douze chats. Hier, un couple de voisin a entrepris de vider sa maison. De la fenêtre de mon bureau, j’assiste à la scène. Les caisses s’empilent sur le trottoir. Les chats miaulent. Les voisins pleurent. Les passants emportent la machine à laver, une chaise, des fils de cuivre. La voisine est morte. Et les objets accumulés au fil de sa vie se retrouvent pillés par des inconnus, eux-mêmes entassant un bordel monstre dans leurs baraques, preuve de leur existence, preuve du sang qui coule encore dans leurs veines.

     Moi, la voisine, je ne l’ai jamais aimée. Elle ne disait pas bonjour. Mais il n’empêche que sa mort me rend triste. La mort de la voisine me renvoie toute l’absurdité de la vie en pleine gueule. Et j’ai mal. Tu vis. Tu vis. Tu entasses. Les objets. Les vêtements. Les conquêtes. Tu fais l’amour treize fois par semaine. Ensuite, au fil du temps, le chiffre s’amenuise… devient infime… n’existe plus ! Tu vis. Tu meurs. Les voisins emportent tes meubles.
Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Vendredi 17 août 2007
Marcher sans devoir frotter
Du revers de la manche
Des yeux à nouveau
Dépourvus de buée lymphomatique
Peut-être voir grâce à cela     
Ce que tu peux être belle
Sans rempart de fumée
De ta bouche à
Ma cornée
Aucune distorsion cancéreuse
Et les poumons emplis de
La vague sucrée de ton
Parfum italien
Ne plus te dire à
Quel point à nous
J’y tiens avec
Une voix enraillée
D’où sortaient les exhalaisons
Nocives et toxiques
Issues des dérives
Toxicomaniaques dont
J’étais l’auteur
 
Et se dire que ce temps
Epargné se perd
Baigné dans un infini
Inconstant et imprécis
Dans lequel
Nous flottons comme
Les volutes bleutées
Que j’ai tant aimées
Je pouvais les regarder
Ainsi s’évaporer
Dans l’air sec du printemps
Dans un temps mou allant
Du lever du jour à la
Tombée de la nuit
 
J’avoue volontiers qu’elles
Viennent parfois à me manquer
Mes petites volutes bleutées
Il s’agit donc de trouver à observer
Simplement
Un autre spectacle simple et complexe
Comme celui des nuages qui
Plombent ton regard quand je
Te dis en souriant
Que la simple cigarette
Brûle plus longtemps que le
Plus incandescent des amours
Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Vendredi 17 août 2007
Quand je l’ai sentie
S’approcher de moi
Tandis que j’attendais
Affalé sur un banc
Le train retardé d’un matin d’été
J’ai su de façon
Instantanée que les ennuis
N’avaient pas finis de me harasser
Et la voilà qui se met
Pourquoi je ne sais
A me parler de sa mère éthylique
De l’aspirateur anaphylactique et de
La gamelle du chat neurasthénique
Qui fuit en son milieu
De sorte que lorsque la gamine
Rempli à ras-bord le-dit récipient
Le liquide s’échappe prestement
Et j’étais toujours étendu sur ce
Foutu banc
En me demandant pourquoi cette gamine
Tenait tant à me parler à moi
Alors que des gens se font payer pour écouter
Les malheurs des gens je devais
En ce matin d’été
Subir ces gémissements sans rétribution aucune
Et tout ceci a dégénéré lorsqu’elle
A remarqué que dans le fond j’étais
Assez joli garçon et que d’après elle
Je savais très bien écouter même que
Toujours selon ses dires j’étais
Le seul qui la comprenait vraiment
Et moi je me retenais de lui dire
Qu’elle et moi on n’était pas vraiment
De la même limonade au vu du fait
Avéré que moi-même j’étais plutôt whisky
Et que si la gamine et moi étions vendus en supermarché
On ne nous trouverait pas vraiment dans le
Même rayon et pas vraiment au même prix
Trop cher de toute façon quoi qu’il puisse en être
Et ça tournait dans ma tête comme les manèges
De la kermesse à Limal quand j’étais petit garçon
Et que je tombais tout le temps malade
Et la voici qui disserte sur le fait qu’un garçon et qu’une fille
C’est pas tout à fait pareil quand on y pense parce que
Ca ressent les choses différemment
Et au loin j’entends le sifflement du train pendant
Que la gamine s’égosille de plus belle
Et je me dis que si elle monte dans le train je vais devoir
La subir jusqu’au prochain arrêt au minimum
Et comme je ne peux résolument m’y résoudre
Vu que dans ma vie j’avais souffert dès ma naissance
Et étant né prématurément ma seule solution fut celle-ci
Pousser la gamine volubile sur les rails étincelant sur lesquels
S’étalent à présent ses huit litres de sang  
Et tandis que chaque soir
L’infirmière câline me donne mes pilules
Dans ma tête j’entends encore sa voix
La voix de la gamine volubile aplatie par le train un matin d’été
Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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Samedi 11 août 2007
C’était un matin de janvier
Il faisait froid dans
Les rues surpeuplées
De la Glaciale Cité
Mais j’avais chaud
Ce jour-là
Tandis que la serveuse
Du Rabelais prenait notre commande
Tu avais pris du thé
Pour moi du café
Je me souviens
Du peu de mémoire qu’il m’est
Accordé de posséder actuellement
Je me souviens
Que ta vie t’emmerdait mais
Que tu avais bien l’intention de
L’emmerder aussi
Et tu riais néanmoins
Et moi je te parlais de théâtre
De Shakespeare de la
Difficulté d’écrire
Et je me souviens
Que tu écoutais même
Si je crois que tu t’en foutais
Ca te faisait plaisir qu’on ne
Te prenne pas pour une conne
Et tu m’as demandé pourquoi j’aimais
Tant venir tuer le temps au Rabelais
Et je t’avais expliqué que la serveuse souriait
Rarement mais
Qu’il s’agissait alors de vrais sourires
Et que cela rachetait quelque peu
Toute la misère du monde
Puis l’on n’avait plus parlé
Nous n’avions plus rien dit
Et tu avais souri
Doucement j’avais terminé mon café
Et la moitié de ton thé
Et nous étions sortis
Pour nous séparer dans la foule
Battant le pavé
De la Glaciale Cité
Par Jérémie Tholomé - Publié dans : jthowords
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