Ecrivain ch. j.f. jolie

Je souhaite à mes lecteurs une mort lente et douloureuse.
Je souhaite à mes lecteurs de se tenir éloignés des enfants.
Je souhaite à mes lecteurs que leurs femmes grossissent et à mes lectrices que leurs mecs les trompent.
Je souhaite à mes lecteurs des problèmes d'impuissance ou d'infertilité.

Je souhaite à mes lecteurs, une bonne lecture!

Lecteur, n'oublie pas de vivre ta vie plutôt que de la lire ou de l'écrire.

Vendredi 1 août 2008

Le bar accepte-t-il les mexicains ?

 

Bien sûr

Un dollar reste un dollar

Et on lave le zinc à la javel

Hahaha

 

Je vois

 

Et ici on parle anglais

Capito ?

 

Je vois

 

***

 

J’ai rencontré Pablo dans la rue

Alors que je crachais mes poumons

Comme tous les après-midi

Depuis que j’étais arrivé dans cette ville crasseuse

Il y a quatre ans de cela maintenant

 

Pablo avait deux jobs

Tous les deux pourris et sous-payés

Paraît que ça stimule le marché de l’emploi

Conneries si vous voulez mon avis

Les deux bouts ça faisait

Longtemps qu’ils ne les joignaient plus

Sa femme et lui

 

Leur enfant avait des maladies

Respiratoires chroniques

Et ils trimaient

Surtout Pablo

 

Alors la culture de mon cancer

Attendrait la prochaine lune

J’ai fouillé dans mes poches rapiécées

Pour y trouver de quoi offrir un repas à ce mec

 

Nous avons échoués dans ce rade

Après avoir été foutus à la porte de trois autres :

 

« Complet » ils disaient

« Cuisine fermée » ils disaient

« Il fallait réserver »

 

On a commandé deux menus

Et le patron n’a même pas daigné

Nous les servir dans des assiettes propres

 

« Pour les Yankees seulement »

 

J’ai préféré serrer les poings et les fourrer

Dans mes poches

Tandis que Pablo avalait sa soupe

Et le reste

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Mardi 29 juillet 2008

Et puis on est monté dans la voiture

Vitre avant-droite défoncée

 

Et je savais que sur le chemin

On achèterait des cigarettes

Franchirait trois douzaines de lignes blanches continues

Pour finir par se perdre

Dans une friterie thaïlandaise

Où l’on commanderait des pâtes

 

C’était le temps où la vie s’écoulait lentement

Comme une perfusion de liquide physiologique

Goutte après goutte

 

Le temps où l’on pouvait se poser

Sur les marches du perron

Et regarder passer les gens

Les vieilles à vélo

Qui ne disent pas bonjour

 

Le temps où après s’être perdus

On pouvait encore remplir le réservoir

Regarder l’heure sur le clocher de l’église

Et décider qu’il était trop tôt pour rentrer

 

Et si jamais la pluie avait

La mauvaise idée de venir s’en mêler

He bien c’était le temps où

On l’appréciait encore


Goutte après goutte

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Dimanche 27 juillet 2008

11.32 a.m.

27°C

 

La mouche zigzagua

Dans la pièce

 

Elliptique

 

C’est pas vraiment

Que je la regarde

Mais sa course coïncide parfois avec

Mon regard fixé

Préalablement sur la toile d’araignée

Du coin nord est de la pièce

Où se trouve le canapé

Sur lequel

Pour ne rien vous cacher

Je suis affalé

 

Je m’y suis laissé glisser

Après m’être levé du lit

Dans lequel j’ai passé la nuit préalable

 

Arrivé en bas de l’escalier

Posé le pied droit puis le gauche sur le carrelage froid

Et pénétré dans le living room

Pour finir ma trajectoire matinale

Sur ce foutu canapé rouge

Sur lequel j’ai toujours plein de géniales idées

Généralement aussitôt oubliées

 

La mouche décide de se poser

Se frotte les mandibules

Ou Dieu sait comment ça peut s’appeler

 

Je boirais bien une bière

Mais il faudrait bouger jusqu’au frigidaire

 

Je devrais me faire greffer des ailes

Pour telle une mouche

Zigzaguer jusqu’au frigo

 

Ouais !

 

Je vous l’avais dit

Une tonne de géniales idées

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Samedi 26 juillet 2008

Les filles de l’été

Se noient dans un flot de crème solaire

Indice de protection quarante

 

Les filles de l’été

Vous aimeront

Le temps d’un été

 

Les filles de l’été

Font semblant d’oublier

Les crépuscules de cendres et

Les taches noires sur les mains enfumées

 

Pourtant les filles de l’été

S’éclipseront en automne

 

Quand sur leurs visages déconfits

Se marquera la crainte

De conjuguer à jamais

Leur beauté au passé

Si bien qu’on en entendra plus jamais parler

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Vendredi 30 mai 2008

Et là j’ai tout compris. La souffrance. La joie. La futilité. La beauté. La glorieuse incertitude du sport. La tartine qui s’obstine à retomber sur son côté beurré. Les vingt euros de suppléments sur l’addition dans les restaurants napolitains. La Bourse. La mode. Dieu. JFK. Dallas et son univers impitoyable. La dictée de Pivot. Le sudoku. La mort. BHV. Ikea. La madeleine de Proust. Le Dernier Tango à Paris. La maladie. Le terrorisme. Les gens qui m’aiment. Ceux qui me haïssent. Ceux qui s’en foutent. Ceux qui sont là pour le sandwich gratuit. La trigonométrie. Les femmes. Les criminels. Les poètes. Les poivrots. Les bigotes. Les orphelins. Les Hindous. Les anges. Les nuages. Le néerlandais. BHL. Le curling. Les jeunes. Les vieux. Les jeunes vieux. Les vieux vieux. Les cons. Les pichattes. La fille qui me coiffe. Le serveur. Les rêveurs. L’injustice. Le plaisir. L’oligarchie. Serge Gainsbourg. Le parfum. Le printemps. La cinquième République. Les contrôleurs de la SNCB. Les chauffeurs des TEC. Les syndicalistes. Les grands patrons aux parachutes dorés. Les délinquants. Le civisme. La révolte. Mon père. Les mormons. Les hooligans du PSG. Les proverbes en latin. Les fumeurs de joints. Les fous rires. Les élections de Miss. Facebook. Les habitués de Mr Bricolage. Ceux qui font leur marché tôt le matin. Le chômage. La différence entre le structurel et le conjoncturel. Idi Amin Dada. Le geste psychologique. L’importance des étirements. L’amitié. Le réchauffement de la planète. Les clochards célestes. Ceux qui m’ont blessé. La théorie du levier. La chute de l’Empire romain d’Orient. Elvis. Et puis l’on s’est quittés et j’ai tout oublié.

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Vendredi 25 avril 2008

J’emmerde les gens qui bloguent. Le blog est un espace de liberté d’expression individuelle et ce qui est gênant avec la liberté (comme avec l’ensemble des droits de l’homme) c’est que certains sont susceptibles de l’utiliser. Or, les gens ne devraient pas avoir le droit de s’exprimer s’ils n’ont rien d’intéressant à dire. Par exemple, on m’a récemment raconté qu’une gonzesse de vingt ans a pris la peine d’appeler tout son répertoire pour raconter l’histoire de son mec qui avait été vu avec une autre fille à une soirée mais que « tout cela n’était pas grave parce qu’ils ne se tenaient pas la main ». Touchant, non ? Honnêtement, je n’en sais rien : je n’ai pas vu la fille mais ce n’était sûrement pas une punkette aux cheveux roses, donc je ne sais pas me prononcer. Donc, cette fille racontait la même histoire à tous ses contacts mais l’emmerdant c’est qu’elle le faisait tandis qu’elle se trouvait à bord d’un train rempli de monde. Et eux s’en foutaient que son mec tienne ou non la main d’une autre (je crois même que les gens qu’elle appelait aussi…) mais cette petite conne les forçait à écouter vu qu’elle n’a pas jugé bon de téléphoner d’un autre endroit qu’un wagon bondé. Heureusement que les tunnels existent…

 

Tout cela pour dire que l’on devrait contraindre les gens à s’exprimer librement tout bas. Allez, je m’imagine Créatif, chargé de promouvoir la liberté d’expression new-look. Déjà, j’ai un Jack Russel, faut pas déconner… Ensuite, mes chaussures italiennes sont posées sur le bureau en acajou, façon beauf tandis que je prends l’air inspiré pour balancer des accroches en direction de ma secrétaire hyper-sexy mais compétente qui se charge de les noter dans un petit carnet rose. Hum. La liberté d’expression, parfois. La liberté d’expression, ça ne s’improvise pas ! La liberté d’expression, comme tout le monde, pour tout le monde. La liberté d’expression qui te ressemble. La liberté, oui, mais la liberté d’expression. Hum. Oui… Pas évident. La liberté d’expression comme je la vois, c’est un peu comme vendre un extincteur ou des rustines : vendre le produit au gogo, euh, au client, alors que celui-ci espère ne jamais devoir l’utiliser.

 

C’est pour ça que je suis fan des mecs lumineux qui ont écrit que tous les hommes sont égaux : ils ont tellement bien emballé leur produit que tout le monde en veut. Les droits de l’homme, c’est excellent, mangez-en ! J’imagine le mec qui a eu cette idée folle tandis que les paysans débitaient Marie-Antoinette avec un grand rasoir portatif de voyage : bon, les mecs, on l’a faite notre révolution… avant d’aller au strip-tease, on va pondre deux trois bons mots à destination de la populace… des idées ? Et là, j’ai la vision d’un gars tout glauque, mal rasé, empestant la gnôle dont le regard embrumé s’illumine tandis qu’il éructe : TOUS LES HOMMES SONT EGAUX PUTAIN DE BORDEL ! ON GARANTIT NI LE PAIN NI LA BRIOCHE MAIS ON A QU’A DIRE QUE TOUS LES HOMMES SONT EGAUX !

¾ Marcel, t’es un putain de génie !

¾ BEN OUI ! ALLEZ, TOUS AU STRIP-TEASE !

¾ Attendez, attendez, mes amis : ok, tous les hommes sont égaux, et les femmes ?

Eclats de rire général.

 

Mais je digresse. J’emmerde donc les gens qui bloguent. La fille du téléphone dans le train exprime bien l’objet de ma rancœur. Il s’agit là d’un échantillon tout ce qu’il a de plus aléatoire et si l’on s’accorde pour dire que toutes les gonzesses se valent (les cinéastes hollywoodiens veulent nous faire croire que non mais, malheureusement, elles se valent toutes), cette petite peste représente là l’humanité entière (vu que Marc Lavoine a chanté que « les hommes sont des femmes comme les autres ») et c’est là que le concept de blog part en vrille. Procédons à une petite expérience :

Jessica m’a dit que mon mec avait été vu avec son ex’, cette pute de Julie, à la soirée chez Margaux samedi mais bon, lol quoi, ils ne se tenaient pas la main.


Affligeant, tout bonnement affligeant, j’ai déjà décapsulé ma boîte d’Alvil liquide et je suis prêt à mettre fin à mon existence… Pourquoi, me direz-vous ? He bien, je te le donne dans le mille, lecteur ! Compte. Vas-y compte, on n’a pas que ça à foutre (moi en tout cas)! Mais m’sieur J.Tho. j’dois compter quoi ? Kess ke j’dois compter, ‘tudieu ? Alala, faut tout faire soi-même en littérature… bon : Jessica, un, m’a dit, deux trois quatre… lol compte pour un dans cet exemple… pas la main, trente-deux trente-trois trente-quatre ! Trente-quatre bons vocables foutus en l’air pour cette histoire stupide de collégienne boutonneuse et bien trop pétasse pour son âge… Je passe sur le « lol » mais si vous voulez savoir ce que j’en pense, matez plutôt Californication. Bon, je suis un mec ouvert, tolérant, je n’aime pas trop les fluides corporels mais je reste totalement fréquentable la plupart du temps mais je serai intransigeant : ne gâchez pas les mots, bon dieu de bon dieu… Vous objecterez peut-être que vous êtes une personne graisseuse du vingt-et-unième siècle et que tout a déjà été écrit par d’autres ce à quoi je répondrai, avec fermeté et dégoût : « alors ferme-la foutu graisseux et casse-toi pauv’ con » (l’auteur tient à remercier le petit Nicolas S. pour cette insulte fashion) ; si je suis en forme, je vous demanderai également si votre père et votre mère sont cousins. Et sans doute le sont-ils… Ne bloguez pas ! Ne bloguez plus ! Arrêtez de bloguer, foutus consanguins !

 

par J.Tho. publié dans : jthowords
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Samedi 19 avril 2008

Tu te ressers un verre

Mais l’alcool manque le gobelet

Et asperge le linoléum

Tu ris et moi je me dis

C’est ça la beauté de la vie

 

Parce que si l’alzheimer ne s’y met pas

Nous serons beaux à jamais

Toi tu le seras de toutes les façons

Mais ce que je veux dire c’est

Je ne sais plus et

Je m’en fous

 

En gros voilà

On a aimé

On en est revenu

Et je n’en reviens pas

Merde je vois double

Je nous vois en double

 

La bouteille est maintenant vide

Tu trempes tes cheveux dans l’alcool

A quatre pattes à même le sol

Et lorsque tu te relèves

Tes nattes imbibées

Se heurtent violemment à mon visage

Me faisant vaciller

Et me défenestrant en fait par la même occasion

 

Le vide est froid

La chute rapide

Les os se brisent dans un bruit ignoble

Mais j’étais mort bien avant

Vu que tu m’avais pris mon cœur

Et que tu n’as jamais jugé bon de me le rendre

 

Woosh

Ppffffff

Haletant je sursaute

Le réveil indique 03 A.M.

Je me retourne dans les draps

Tu dors à poings fermés

Et c’est ça la beauté de la vie

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Vendredi 18 avril 2008

Je me souviens moi aussi

Des araignées porteuses de plaisir

Et du design douteux des

Lampes japonaises ou

D’un pays de ce genre

Des couples qui s’engueulaient

Pendant que nous on rigolait

 

Je me souviens moi aussi

Des desserts bien trop chers

Qu’on mangeait parmi les vieux

Ces croulants dont on se foutait mais

Qui revivaient encore un peu leur jeunesse

Quand je te donnais du feu

Tandis que tu m’allumais

Si si je t’assure que tu le faisais

 

Je me souviens moi aussi

De tout ce que l’on demandait

A la poussière et aux anges

Vagabonds

Même si toi tu lisais

Nothomb et Schmitt

L’important ce n’est pas l’écrivain

Mais bien celle qui le lit

 

Je me souviens moi aussi

Des claques que tu me mettais

En plein dans la gueule

Et comme je n’avais ni besoin

De champagne ou de cigarette

Pour trouver que la vie était belle

Et tout le temps qu’on gagnait

Parce qu’on le perdait à deux

 

Je me souviens moi aussi

Comme toi et moi

On tentait de se souvenir

De ce qu’était l’ennui

Puisqu’on l’avait oublié

Le jour où l’on s’est rencontré

C’était un mardi

Tu râlais déjà

 

Je me souviens moi aussi

Du temps où l’on se disait

Nous

Du temps où l’on n’aurait jamais cru

Qu’on se conjuguerait à l’imparfait

 
Et merde c’est tout un poème

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Samedi 5 avril 2008

Le tristesse

 

Comme la deuxième

Corde cassée d’une Fender acoustique

Comme un briquet vide traînant

Depuis des mois dans mon sac

Comme une rupture

A la terrasse d’un café

Des larmes plein les cheveux

Ou peut-être serait-ce de l’eau

 

Possible que ce soit de l’O

Car l’O est toujours là

 

Comme un vieux jean rapiécé

Comme une cigarette pleine de vent

Comme la dernière plage d’un cd griffé

Par les baumes à lèvres

Les gloss

 

Des filles aléatoires

Des filles subséquentes

Des filles dérisoires

 

Comme le vertige

Et les trois heures de train obligatoires

Qui rapprochaient comme elles

Séparent maintenant

Et tous ces kilomètres de rails bordeaux

Et ces tonnes de caillasse amère

Qui ne servent plus à rien

Qu’à prendre la poussière

 

Comme ton dos qui se courbe

Ton dos qui me tourne le dos
Ton dos qui m’oublie

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Mardi 1 avril 2008

L’apathie tue et

Je m’en fous

Et je peux bien danser

Avec une brune et une blonde

Je peux même leur payer des coups

Des tequilas boom-boom

Et tout cela n’a pas d’importance

Car ce qui n’avait pas

D’importance hier

N’en a pas aujourd’hui

Et ce qui se trépassera demain

Me fait bien rire ce soir

 

Moi je préfère

Tout envoyer sauter

En l’air

Virevolter avec les goélands

Et sans doute avec les albatros

 

Et un poète a dit un jour

L’apathie tue et je

M’en fous

Je crois je ne

Sais pas

J’aime citer cela

Une brune une blonde

Scotchées aux bras

Et ce n’est pas là de la compagnie

Non c’est juste là

Deux pansements qui

Ne pensent pas

Et dont les silences

Me font rire

Jusqu’aux larmes

Jusqu’à demain

 

Et moi je préfère

Tout brûler

Que tout cela

Et ton sourire

Partent en fumée

Comme les volutes

D’une Lucky Strike

par J.Tho. publié dans : jthowords
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