J’emmerde les gens qui bloguent. Le blog est un espace de liberté d’expression individuelle et ce qui est gênant avec la liberté
(comme avec l’ensemble des droits de l’homme) c’est que certains sont susceptibles de l’utiliser. Or, les gens ne devraient pas avoir le droit de s’exprimer s’ils n’ont rien d’intéressant à dire.
Par exemple, on m’a récemment raconté qu’une gonzesse de vingt ans a pris la peine d’appeler tout son répertoire pour raconter l’histoire de son mec qui avait été vu avec une autre fille à une
soirée mais que « tout cela n’était pas grave parce qu’ils ne se tenaient pas la main ». Touchant, non ? Honnêtement, je n’en sais rien : je n’ai pas vu la fille mais ce
n’était sûrement pas une punkette aux cheveux roses, donc je ne sais pas me prononcer. Donc, cette fille racontait la même histoire à tous ses contacts mais l’emmerdant c’est qu’elle le faisait
tandis qu’elle se trouvait à bord d’un train rempli de monde. Et eux s’en foutaient que son mec tienne ou non la main d’une autre (je crois même que les gens qu’elle appelait aussi…) mais cette
petite conne les forçait à écouter vu qu’elle n’a pas jugé bon de téléphoner d’un autre endroit qu’un wagon bondé. Heureusement que les tunnels existent…
Tout cela pour dire que l’on devrait contraindre les gens à s’exprimer librement tout bas. Allez, je m’imagine Créatif, chargé de
promouvoir la liberté d’expression new-look. Déjà, j’ai un Jack Russel, faut pas déconner… Ensuite, mes chaussures italiennes sont posées sur le bureau en acajou, façon beauf tandis que je prends
l’air inspiré pour balancer des accroches en direction de ma secrétaire hyper-sexy mais compétente qui se charge de les noter dans un petit carnet rose. Hum. La liberté d’expression, parfois. La
liberté d’expression, ça ne s’improvise pas ! La liberté d’expression, comme tout le monde, pour tout le monde. La liberté d’expression qui te ressemble. La liberté, oui, mais la liberté
d’expression. Hum. Oui… Pas évident. La liberté d’expression comme je la vois, c’est un peu comme vendre un extincteur ou des rustines : vendre le produit au gogo, euh, au client, alors que
celui-ci espère ne jamais devoir l’utiliser.
C’est pour ça que je suis fan des mecs lumineux qui ont écrit que tous les hommes sont égaux : ils ont tellement bien emballé
leur produit que tout le monde en veut. Les droits de l’homme, c’est excellent, mangez-en ! J’imagine le mec qui a eu cette idée folle tandis que les paysans débitaient Marie-Antoinette avec
un grand rasoir portatif de voyage : bon, les mecs, on l’a faite notre révolution… avant d’aller au strip-tease, on va pondre deux trois bons mots à destination de la populace… des
idées ? Et là, j’ai la vision d’un gars tout glauque, mal rasé, empestant la gnôle dont le regard embrumé s’illumine tandis qu’il éructe : TOUS LES HOMMES SONT EGAUX PUTAIN DE
BORDEL ! ON GARANTIT NI LE PAIN NI LA BRIOCHE MAIS ON A QU’A DIRE QUE TOUS LES HOMMES SONT EGAUX !
¾ Marcel, t’es un putain de génie !
¾ BEN OUI ! ALLEZ, TOUS AU STRIP-TEASE !
¾ Attendez, attendez, mes amis : ok, tous les hommes sont égaux, et les
femmes ?
Eclats de rire général.
Mais je digresse. J’emmerde donc les gens qui bloguent. La fille du téléphone dans le train exprime bien l’objet de ma rancœur. Il
s’agit là d’un échantillon tout ce qu’il a de plus aléatoire et si l’on s’accorde pour dire que toutes les gonzesses se valent (les cinéastes hollywoodiens veulent nous faire croire que non mais,
malheureusement, elles se valent toutes), cette petite peste représente là l’humanité entière (vu que Marc Lavoine a chanté que « les hommes sont des femmes comme les autres ») et c’est
là que le concept de blog part en vrille. Procédons à une petite expérience :
Jessica m’a dit que mon mec avait été vu avec son ex’, cette pute de Julie, à la soirée chez Margaux samedi mais
bon, lol quoi, ils ne se tenaient pas la main.
Affligeant, tout bonnement affligeant, j’ai déjà décapsulé ma boîte d’Alvil liquide et je suis prêt à mettre fin à mon existence… Pourquoi, me direz-vous ? He bien, je te le donne dans le
mille, lecteur ! Compte. Vas-y compte, on n’a pas que ça à foutre (moi en tout cas)! Mais m’sieur J.Tho. j’dois compter quoi ? Kess ke j’dois compter, ‘tudieu ?
Alala, faut tout faire soi-même en littérature… bon : Jessica, un, m’a dit, deux trois quatre… lol compte pour un dans cet exemple… pas la main, trente-deux trente-trois trente-quatre !
Trente-quatre bons vocables foutus en l’air pour cette histoire stupide de collégienne boutonneuse et bien trop pétasse pour son âge… Je passe sur le « lol » mais si vous voulez savoir
ce que j’en pense, matez plutôt Californication. Bon, je suis un mec ouvert, tolérant, je n’aime pas trop les fluides corporels mais je reste totalement fréquentable la plupart du temps
mais je serai intransigeant : ne gâchez pas les mots, bon dieu de bon dieu… Vous objecterez peut-être que vous êtes une personne graisseuse du vingt-et-unième siècle et que tout a déjà été
écrit par d’autres ce à quoi je répondrai, avec fermeté et dégoût : « alors ferme-la foutu graisseux et casse-toi pauv’ con » (l’auteur tient à remercier le petit Nicolas S. pour
cette insulte fashion) ; si je suis en forme, je vous demanderai également si votre père et votre mère sont cousins. Et sans doute le sont-ils… Ne bloguez pas ! Ne bloguez plus !
Arrêtez de bloguer, foutus consanguins !