Ecrivain ch. j.f. jolie

Je souhaite à mes lecteurs une mort lente et douloureuse.
Je souhaite à mes lecteurs de se tenir éloignés des enfants.
Je souhaite à mes lecteurs que leurs femmes grossissent et à mes lectrices que leurs mecs les trompent.
Je souhaite à mes lecteurs des problèmes d'impuissance ou d'infertilité.

Je souhaite à mes lecteurs, une bonne lecture!

Lecteur, n'oublie pas de vivre ta vie plutôt que de la lire ou de l'écrire.

Vendredi 27 février 2009 5 27 /02 /Fév /2009 22:52

Ce qui compte, ce n’est pas de voir la fille, ça ne l’a jamais été. On sait tous ce qui se passera : discussion, rapprochement, frôlements, lèvres qui s’écorchent. Non, la seule chose qui compte vraiment, c’est le coup de téléphone.

 

- Je suis là. T’es où ?

 

Une fois le coup de fil reçu, l’envie de se pointer au rendez-vous peut s’estomper.

 

Il faut toujours se forcer, aller acheter des clopes et un redbull au petit magasin de nuit et partir dans la nuit, retrouver la fille.

 

Si l’on succombe à la paresse, si l’on ne se force pas, on passe irrémédiablement à côté d’une soirée qui compte. Et des soirées qui comptent, il n’y en a pas tant que ça.

 

Ce qui peut nous faire renoncer, cela dit, est l’imbécillité de tout ceci.

 

Je m’explique. Un mec rencontre une nana et il tombe amoureux. Il lui fait la cour, il conquiert son petit cœur tout sucre tout miel, ils sortent ensemble. Appelons la gonzesse « n°1 ». S’il n’avait pas flashé sur n°1, le mec aurait rencontré, selon toute probabilité, une autre fille (appelée n°2) et serait également tombé amoureux d’elle.

 

Les sentiments éprouvés pour n°1 et n°2 sont ostensiblement les mêmes : amour, joie, tristesse, dégoût, envie de baiser et j’en passe. Il y aurait eu, avec l’une ou l’autre, des disputes, des réconciliations, des déclarations d’amours, des caresses, des cris (de différentes natures et de différentes intensités) et tout ceci n’aurait rien changé à rien et le mec vivrait les mêmes choses avec l’une ou l’autre, indifféremment.

 

Quand on y pense, tourner à droite ou à gauche, ce n’est pas si différent. C’est même identique. Huit jours après lundi, c’est toujours lundi, non ?

 

Même dans le cas d’Angie.

 

Angie est le diable déguisé… en femme bien évidement ! Et ce soir, notre héros a rendez-vous avec Angie, qui vient de l’appeler.

 

Après une vague hésitation, il a salué ses amis, leur a souhaité une bonne soirée et est allé se ravitailler en cigarettes et en redbull.

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Samedi 10 janvier 2009 6 10 /01 /Jan /2009 11:56

Je ne comprends pas. La déclaration universelle des droits de l’homme dit que : « les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». C’est n’importe quoi. Il est évident que certaines personnes valent mieux que d’autres. Certaines personnes sont supérieures aux autres, c’est un fait certain. Prenez un ouvrier en bâtiment. L’ouvrier en bâtiment moyen. He bien, il pue, il est sale, il est grossier, il mâche sa tartine de pain rance avec la bouche ouverte et se gratte l’entrejambe toutes les cinq minutes. Moi, je ne travaille pas mais je me dis que ne pas travailler, c’est toujours mieux qu’être ouvrier en bâtiment. Quand je marche dans la rue, entre le salon de french manucure et la voiture de celui qui à l’honneur de m’accompagner, je me fais toujours siffler par un ouvrier en bâtiment. Toujours, toujours, toujours… Parfois, l’un de ces porcs me siffle et moi, je sais qu’à tous les coups, il a une tartine de pain rance dans sa bouche, ouverte de surcroît, et une main disgracieusement déposée à l’entrejambe. A chaque fois que je me fais siffler par un ouvrier en bâtiment, c’est bien simple, je me sens tellement déprimée que je perds tous les effets positifs de ma french manucure. Regardez mes ongles : ils sont déprimés par la saleté des hommes. Parce qu’il ne faut pas croire qu’il n’y a que le problème des ouvriers en bâtiment. Non… tous les hommes sont… comment dire… décevants. C’est peut-être pour cela qu’on dit qu’ils sont égaux ? Je ne sais pas. Ça m’énerve ! De toute façon, j’ai arrêté de chercher un homme qui me correspond. Pourquoi ai-je renoncé ? En fait, je me suis rendue compte que le monde était divisé en deux : d’un côté, les gens comme vous, sans importance, dénués de profondeur, transpirants des aisselles et de l’autre côté, moi. Je crois que ça se voit, non ? Attention, j’ai toujours un homme dans ma vie. Au moins pour porter les paquets. Vous voyez, avant, j’avais un chien. Il était tout mimi. C’était un Jack-Russel, prénommé Hugo. Il était beau ! Mais il fallait le nourrir, le promener, le caresser… Pff, ça m’a vite saoulé. En plus, je n’avais pas que cela à faire. Le shopping, les nightclubs, le coiffeur, le banc solaire et bien sûr, la french manucure, ça ne donne pas vraiment le temps de balader un chien, même mignon. J’ai dû faire piquer mon chien. J’ai choisi de ne pas le donner à quelqu’un d’autre car il n’aurait jamais eu une meilleure maîtresse que moi. Mais voilà, sans Hugo, je m’embêtais grave… Alors, j’ai pris un homme. C’était pratique car, généralement, ils se nourrissent seuls, ils se promènent seuls et certains peuvent également se caresser seuls. Oui, c’était vraiment pratique. Tout le monde y gagnait : il me conduisait, me payait le resto, les fringues, le coiffeur et le french manucure et avait le droit de me regarder, de profiter de ma présence. Tout allait bien. Jusqu’au jour où il a voulu m’embrasser, me… toucher… Argghh. Alors, j’ai voulu faire comme avec le chien. Mais je n’ai pas pu le piquer. Il parait que c’est illégal… Ca aussi, ça m’énerve ! Donc, je l’ai abandonné au bord de l’autoroute, même si c’est cruel de faire cela. A la place, j’ai pris un autre homme. Et quand lui aussi est devenu trop gourmand, j’en ai pris un autre. Puis un autre. Et un suivant. Les hommes sont très cons. Il suffit de leur faire croire qu’ils auront le droit d’enlever les vêtements qu’ils vous offrent pour qu’ils vous emmènent au restaurant. Moi, en quelque sorte, je suis supérieure : si un homme me promet une robe Christian Lacroix si je lui donne mon numéro, j’exige la robe avant. Mais bon… Je suis peut-être un peu trop méchante. L’autre jour, j’étais en boîte, au Mathis. C’était chiant, il n’y avait plus de bouteille de Laurent Perrier et la déco était ringarde. J’ai quand même décidé qu’un grand blond assis au bar était digne de m’offrir à boire. Je me suis approchée de lui. Je lui ai dit : « Tu me payes un verre ? ». Il m’a regardé. J’ai bien vu qu’il était impressionné par ma personne, je ne lui en veux pas. Donc il me regardait et m’a dit : « Dans tes yeux, je vois mes yeux ; pour toi quelle chance, cela te donne des lueurs d’intelligence ». J’ai trouvé que c’était le plus beau compliment qu’on m’ait jamais fait sur mes yeux. J’en ai même oublié le fait qu’il ait omis de m’offrir à boire. C’est sûr, je suis supérieure aux autres mais parfois, les hommes peuvent être gentils.

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Mercredi 24 septembre 2008 3 24 /09 /Sep /2008 10:56

Comment Ian a rencontré Clara

 

L’amphithéâtre était clairsemé. Il est vrai que le premier semestre touchait à sa fin et les étudiants de première année de médecine avaient mieux à faire que d’assister au cours d’épistémologie du Professeur Lewin. Charles Lewin était un vieux scientifique ayant connu une carrière mineure dans les mathématiques. Pour une raison que ses collègues ne s’étaient jamais expliquée, Lewin a passé la majeure partie de son temps à étudier ce que d’aucun qualifiait d’ « astuce mathématique pour étudiant en mal de travail ». En effet, Lewin se bornait à choisir une fraction entre zéro et un pour ensuite la multiplier par deux. Ceci fait, il ôtait au résultat obtenu sa partie entière (celle à gauche de la virgule) et recommençait l’opération. Le nombre d’itérations successives étaient impressionnant. Ainsi, Charles Lewin acquit, au fil du temps, une réputation de doux-dingue. Ses collègues, tellement imbus d’eux-mêmes et tellement prompts à juger hâtivement les travaux des autres scientifiques ne prirent jamais le temps de lui demander ce qu’il percevait dans ce jeu mathématique à l’apparence simple. Ce que voyait Lewin, c’était en fait le fondement de nombreux systèmes physiques. Les physiciens ne prenaient jamais la peine de regarder plus loin que les lois déjà édictées. Ils y croyaient tellement que jamais ils n’auraient gaspillé leur précieux temps à les vérifier. Or, Lewin, lui, les vérifiait, inlassablement. Lorsqu’un poste de professeur à la nouvelle université du Wyoming s’était présenté, Lewin avait sauté sur l’occasion : il éveillerait les étudiants au réflexe de la vérification, il tenterait de faire d’eux des scientifiques qui ne seraient pas de parfaits rationalistes. L’épistémologie serait un cours parfait, il enseignerait les théories de Thomas S. Kuhn sur la méthode scientifique et les changements de paradigmes. Il ferait des étudiants, des jeunes gens à la tête bien faite plutôt que bien pleine…

 

Mais tous ces rêves s’étaient révélés être vains et la majorités des étudiants n’assistaient pas à ses cours, jugés inintéressants dans un cursus de futur médecin. Tout au plus, jetaient-ils un œil au syllabus la veille de l’examen ou le matin même… Lewin ne leur en voulaient pas, on leur avait appris à ne pas penser par eux-mêmes : comment aurait-il pu désamorcer ce processus intégré dès l’entrée à l’école élémentaire ? Néanmoins, il avait fini de se tracasser pour ceux qui ne venaient jamais assister à son exposé. Il préférait nettement plus s’intéresser à ceux qui étaient présents. Et à la jolie jeune fille brune aux grands yeux clairs qui levait son doigt au dernier rang…

 

¾ Oui, mademoiselle ?

¾ Excusez moi mais je ne suis pas vraiment d’accord avec ce que vous dites… Si l’on devait tout remettre en question à chaque fois, nous devrions récuser la terminologie et les enseignements élémentaires qui nous permettent un diagnostic de ce dont souffre le patient. C’est impossible.

¾ Je comprends votre désarroi mademoiselle. Mademoiselle ?

¾ Oppenheim. Clara Oppenheim.

¾ Je comprends votre désarroi mademoiselle Oppenheim mais je ne vous demande nullement de ne pas user de votre savoir qui, je n’en doute pas une seconde, ira grandissant. Non, tout ce que je vous demande, via ce cours, est de ne jamais renoncer à la liberté d’interroger les fondements de votre science, de votre discipline. Si vous prenez le temps d’user de cette liberté, vous ferez de moi un vieil homme heureux. Ceci nous amène à la fin de cette heure de cours, n’hésitez pas à revenir la prochaine fois, tout aussi nombreux je l’espère.

 

Un rire gêné parcouru l’amphithéâtre suite au trait d’humour du vieux scientifique. Ian Van der Pol regarda sa montre : 10h15. Lewin avait décidé d’en terminer beaucoup plus tôt et le prochain cours ne débuterait que dans quarante-cinq minutes. Faire un aller-retour jusqu’à son studio ne servirait à rien et Ian décida d’aller chercher un café au distributeur de la faculté. Ian descendit la longue allée centrale de l’amphithéâtre, perdu dans ses pensées. Il sentait que ce n’était pas pour lui. Les études de médecine ne lui convenaient pas. Il échouerait certainement. Au fond, il l’avait toujours su. La médecine était le rêve de ses parents, pas le sien. Mais comme il n’avait jamais rêvé de rien de précis, il avait fait sien l’espoir parental et s’était inscrit à la Bean Town University. Qu’allait-il bien pouvoir faire de sa vie ?

 

Machinalement, il inséra des pièces dans la machine et appuya sur un bouton. La machine émit un bruit d’essoreuse et un petit gobelet apparu. Lentement, le café s’écoula. Ian prit le récipient et l’inspecta. Il s’était trompé… Il le voulait noir et pourtant ce café était un macchiato. « Et merde… »

¾ Il n’est pas bon ?

Ian se retourna. La jeune fille qui avait pris la parole au cours d’épistémologie se tenait derrière lui. La première chose qui marqua Ian c’était la beauté simple de cette fille. Elle portait une paire de jeans et un pull jaune. Ses yeux étaient gris clairs et profonds et ses cheveux mi-longs étaient bruns et ondulés, comme ceux des danseuses Andalouses. Elle lui souriait.

¾ Si, si… Il l’est sûrement mais je voulais juste un café noir.

¾ Un café noir pour des idées noires, dit-elle en souriant de plus belle.

¾ On peut dire ça…

¾ Ca arrive. Dis, je me disais que j’aurais bien envie d’une glace avant le prochain cours, ça te tente ?

¾ Ca pourrait être sympa. Toujours mieux qu’un macchiato.

¾ On y va alors ? Au fait, moi c’est Clara.

¾ Enchanté. Ian.

 

Ian ne savait toujours pas ce qu’il allait faire de sa vie. Mais ce genre d’interrogation attendrait certainement le lendemain. Il quitta la faculté de médecine en compagnie de Clara en faisant bien attention à lui tenir la porte quand ils sortirent. Il était 10h25 et le soleil resplendissait sur Bean Town.

Par J.Tho. - Publié dans : jthowords
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Mercredi 24 septembre 2008 3 24 /09 /Sep /2008 10:54

Bean Town

 

Et il se réveilla, trempé de sueur. L’envie d’une cigarette est instantanée, la toux du fumeur également. Néanmoins, il s’efforçait de ne pas y voir un quelconque lien de cause à effet. Ian Van der Pol avait vingt-deux et était persuadé que le cancer attendrait de longues années avant de s’intéresser à sa personne. Et puis, il fallait bien reconnaître que la cigarette lui allait bien et personne dans son entourage ne l’imaginait sans son éternel paquet de Morley fourré dans la poche avant de son sac à bandoulière. Ses fumigènes, comme il aimait à les appeler, lui permettaient de manifester tant sa joie que sa déception ou son impatience et lui conféraient la force de cacher son excès de timidité qui, avec le temps, s’était transformé en exubérance.

 

Ian était étudiant en psychologie à l’Université de Bean Town, dans le Wyoming. Il résidait sur les hauteurs de la cité, à cinq minutes du centre urbain, dans un immeuble de logements à l’intérieur duquel il louait un studio avec une amie. Bean Town était la cité la plus jeune des Etats-Unis. Elle avait été bâtie dans les années 1970, là où s’arrête la Platte River à une centaine de kilomètres de Casper.

 

Littéralement, Bean Town était sortie de nulle part. Les élus locaux avaient décidé d’ériger une cité universitaire qui concurrencerait des institutions telles que Harvard ou Yale, jugées trop élitistes. Le pari était d’offrir un enseignement de qualité égale à celui dispensé au sein de ces dernières tout en en ouvrant l’accès à un maximum d’étudiants. En quelques années, là où ne s’étendait que du sable, se dressa une ville flambant neuve, façonnée dans l’unique but de favoriser l’apprentissage de la future élite intellectuelle de l’Amérique. Mais, dans l’esprit de beaucoup de gens, Bean Town était une ville sans en être une. Certes, il y avait bien des habitants à l’année mais la cité universitaire se vidait du trois-quart de ses résidents aussitôt l’année académique achevée. Les étudiants venaient de l’entièreté des Etats-Unis et parfois même au-delà pour pouvoir jouir des facilités d’encadrement et de la qualité des programmes dispensés à la Bean Town University. Toutes les spécialités y étaient regroupées et quelle que soit l’orientation que vous vouliez donner à votre cursus, vous trouveriez toujours votre bonheur à Bean Town.

 

En 1974, la première rentrée académique eu lieu et, au fil des années, la réputation de la BTU grandit et le Wyoming, l’un des états américains le moins connu, avait acquis un rayonnement national : il était devenu l’Etat du Savoir, l’un des symboles les plus flatteur de l’Amérique moderne. Une des particularités de Bean Town est qu’elle est, dans sa quasi-totalité, interdite à la circulation automobile. Il s’agit du ville piétonne où il fait bon se promener, en famille ou en amoureux. Les facultés et leurs équipements sont à la pointe du progrès. Les bibliothèques regorgent d’ouvrages traitant de tous les sujets. Côté divertissement, tout a été prévu pour que les gentils étudiants dépensent leurs dollars à Bean Town : bars, complexe cinématographique, centre commercial XXL, restaurants, théâtre, salle de concert,… Bref, Bean Town s’apparentait, pour beaucoup, à un rêve, à un synonyme de fête perpétuelle, de possibilités sans limites et, accessoirement, on y étudiait, on y préparait son avenir… mais pas trop vite !

 

Cela ferait bientôt trois ans que Ian étudiait à la Bean Town University. Il se destinait initialement à la profession de médecin généraliste mais après un an passé à la fac de médecine, il avait du reconnaître que la complexité de la discipline était telle qu’il n’était pas capable de mener à bien ces, trop longues et fastidieuses, études. Après avoir passé son été à rêver de devenir le nouveau Marlon Brando, Ian passa les portes de la Faculté de Psychologie et y trouva son compte, bien sûr avec des hauts et des bas. Il réussit l’année avec les honneurs, sans avoir l’air d’y toucher et avait passé ses vacances à Cheyenne, chez ses parents, car Ian était également originaire du Wyoming. La rentrée académique avait eu lieu quelques semaines auparavant et Ian entamait sa deuxième année en psycho avec pas mal d’entrain lié, il est vrai, à la perspective de partager son studio avec Clara Oppenheim, une amie rencontrée en médecine, originaire du Massachusetts, avec qui il avait décidé de cohabiter cette année.

Par J.Tho. - Publié dans : jthowords
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Mercredi 24 septembre 2008 3 24 /09 /Sep /2008 10:44

Et elle semblait s’échiner à ne fréquenter que les pires mecs de la terre. Assise au bas de son immeuble, elle me dit qu’elle est heureuse tandis qu’une larme coule sur sa joue droite, indiquant pile le contraire. Moi, je comprenais de moins en moins. Elle lui avait dit qu’elle l’appellerait mais il ne répondait pas. Et c’était elle la fautive, d’après ce qu’elle croyait. Et tout cela, c’était n’importe quoi et je commençais à péter un plomb. J’avais chaud et soif à la fois. Il était une heure de matin et toutes ces conneries me contrariaient autant qu’elles me fatiguaient. Et Alice se remit à pleurer ou à rire, je ne sais plus ; mais dans cette ville c’est pareil et ça ne veut pas dire grand-chose… Qu’est ce que je foutais encore là de toute façon ?

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Vendredi 1 août 2008 5 01 /08 /Août /2008 23:45

Le bar accepte-t-il les mexicains ?

 

Bien sûr

Un dollar reste un dollar

Et on lave le zinc à la javel

Hahaha

 

Je vois

 

Et ici on parle anglais

Capito ?

 

Je vois

 

***

 

J’ai rencontré Pablo dans la rue

Alors que je crachais mes poumons

Comme tous les après-midi

Depuis que j’étais arrivé dans cette ville crasseuse

Il y a quatre ans de cela maintenant

 

Pablo avait deux jobs

Tous les deux pourris et sous-payés

Paraît que ça stimule le marché de l’emploi

Conneries si vous voulez mon avis

Les deux bouts ça faisait

Longtemps qu’ils ne les joignaient plus

Sa femme et lui

 

Leur enfant avait des maladies

Respiratoires chroniques

Et ils trimaient

Surtout Pablo

 

Alors la culture de mon cancer

Attendrait la prochaine lune

J’ai fouillé dans mes poches rapiécées

Pour y trouver de quoi offrir un repas à ce mec

 

Nous avons échoués dans ce rade

Après avoir été foutus à la porte de trois autres :

 

« Complet » ils disaient

« Cuisine fermée » ils disaient

« Il fallait réserver »

 

On a commandé deux menus

Et le patron n’a même pas daigné

Nous les servir dans des assiettes propres

 

« Pour les Yankees seulement »

 

J’ai préféré serrer les poings et les fourrer

Dans mes poches

Tandis que Pablo avalait sa soupe

Et le reste

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Mardi 29 juillet 2008 2 29 /07 /Juil /2008 18:05

Et puis on est monté dans la voiture

Vitre avant-droite défoncée

 

Et je savais que sur le chemin

On achèterait des cigarettes

Franchirait trois douzaines de lignes blanches continues

Pour finir par se perdre

Dans une friterie thaïlandaise

Où l’on commanderait des pâtes

 

C’était le temps où la vie s’écoulait lentement

Comme une perfusion de liquide physiologique

Goutte après goutte

 

Le temps où l’on pouvait se poser

Sur les marches du perron

Et regarder passer les gens

Les vieilles à vélo

Qui ne disent pas bonjour

 

Le temps où après s’être perdus

On pouvait encore remplir le réservoir

Regarder l’heure sur le clocher de l’église

Et décider qu’il était trop tôt pour rentrer

 

Et si jamais la pluie avait

La mauvaise idée de venir s’en mêler

He bien c’était le temps où

On l’appréciait encore


Goutte après goutte

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Dimanche 27 juillet 2008 7 27 /07 /Juil /2008 23:54

11.32 a.m.

27°C

 

La mouche zigzagua

Dans la pièce

 

Elliptique

 

C’est pas vraiment

Que je la regarde

Mais sa course coïncide parfois avec

Mon regard fixé

Préalablement sur la toile d’araignée

Du coin nord est de la pièce

Où se trouve le canapé

Sur lequel

Pour ne rien vous cacher

Je suis affalé

 

Je m’y suis laissé glisser

Après m’être levé du lit

Dans lequel j’ai passé la nuit préalable

 

Arrivé en bas de l’escalier

Posé le pied droit puis le gauche sur le carrelage froid

Et pénétré dans le living room

Pour finir ma trajectoire matinale

Sur ce foutu canapé rouge

Sur lequel j’ai toujours plein de géniales idées

Généralement aussitôt oubliées

 

La mouche décide de se poser

Se frotte les mandibules

Ou Dieu sait comment ça peut s’appeler

 

Je boirais bien une bière

Mais il faudrait bouger jusqu’au frigidaire

 

Je devrais me faire greffer des ailes

Pour telle une mouche

Zigzaguer jusqu’au frigo

 

Ouais !

 

Je vous l’avais dit

Une tonne de géniales idées

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Samedi 26 juillet 2008 6 26 /07 /Juil /2008 21:43

Les filles de l’été

Se noient dans un flot de crème solaire

Indice de protection quarante

 

Les filles de l’été

Vous aimeront

Le temps d’un été

 

Les filles de l’été

Font semblant d’oublier

Les crépuscules de cendres et

Les taches noires sur les mains enfumées

 

Pourtant les filles de l’été

S’éclipseront en automne

 

Quand sur leurs visages déconfits

Se marquera la crainte

De conjuguer à jamais

Leur beauté au passé

Si bien qu’on en entendra plus jamais parler

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Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /Mai /2008 23:19

Et là j’ai tout compris. La souffrance. La joie. La futilité. La beauté. La glorieuse incertitude du sport. La tartine qui s’obstine à retomber sur son côté beurré. Les vingt euros de suppléments sur l’addition dans les restaurants napolitains. La Bourse. La mode. Dieu. JFK. Dallas et son univers impitoyable. La dictée de Pivot. Le sudoku. La mort. BHV. Ikea. La madeleine de Proust. Le Dernier Tango à Paris. La maladie. Le terrorisme. Les gens qui m’aiment. Ceux qui me haïssent. Ceux qui s’en foutent. Ceux qui sont là pour le sandwich gratuit. La trigonométrie. Les femmes. Les criminels. Les poètes. Les poivrots. Les bigotes. Les orphelins. Les Hindous. Les anges. Les nuages. Le néerlandais. BHL. Le curling. Les jeunes. Les vieux. Les jeunes vieux. Les vieux vieux. Les cons. Les pichattes. La fille qui me coiffe. Le serveur. Les rêveurs. L’injustice. Le plaisir. L’oligarchie. Serge Gainsbourg. Le parfum. Le printemps. La cinquième République. Les contrôleurs de la SNCB. Les chauffeurs des TEC. Les syndicalistes. Les grands patrons aux parachutes dorés. Les délinquants. Le civisme. La révolte. Mon père. Les mormons. Les hooligans du PSG. Les proverbes en latin. Les fumeurs de joints. Les fous rires. Les élections de Miss. Facebook. Les habitués de Mr Bricolage. Ceux qui font leur marché tôt le matin. Le chômage. La différence entre le structurel et le conjoncturel. Idi Amin Dada. Le geste psychologique. L’importance des étirements. L’amitié. Le réchauffement de la planète. Les clochards célestes. Ceux qui m’ont blessé. La théorie du levier. La chute de l’Empire romain d’Orient. Elvis. Et puis l’on s’est quittés et j’ai tout oublié.

Par J.Tho. - Publié dans : jthowords
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